Suite à la décision de suspension de certains partis politiques à l’issue de leur évaluation par le MATD, le Haut Commandant de la Gendarmerie nationale a été saisi pour veiller au respect de cette décision. A son tour, le Général Balla Samoura, a donné des instructions strictes aux commandants d’unités pour exécuter la décision de suspension du 19 mars 2025, prise par le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation par des patrouilles sur l’ensemble du territoire national
Celle-ci vise 28 partis politiques jugés non conformes aux normes en vigueur. Une mesure qui a suscité la réaction de l’ancien parti au pouvoir. D’abord, c’est l’ancien ministre du commerce Marc Yombouno qui s’est exprimé en déclarant que le RPG Arc-en-ciel n’est pas un parti de ‘’bandits’’ et que leurs activités continuent.
Ensuite, à Aboubacar Demba Dansoko, membre du bureau politique national du RPG Arc-en-Ciel, d’indiquer que le haut commandement de la Gendarmerie aurait dû, dans des conditions normales, s’assurer que la décision du MATD ait été notifiée administrativement à tous les partis politiques concernés.
« À ma connaissance, le RPG n’a reçu aucune notification de ce genre. Ensuite, le haut commandement de la Gendarmerie doit approfondir sa réflexion sur le lien juridique entre cette décision et son exécution. Les partis politiques ne sont pas des organisations de bandits ou de criminels. Ils sont placés sous la tutelle du Ministère de l’Administration du Territoire et non sous celle de la Gendarmerie. Il doit y avoir un dialogue sincère entre les partis politiques et le Ministère de l’Administration du Territoire. Nous ne comprenons pas pourquoi de petits partis nouvellement créés, sans représentation réelle, sont autorisés à exercer tandis que des formations politiques représentant plus de 90 % de l’électorat national sont suspendues ou placées sous observation ».
Monsieur Dansoko a aussi envoyé un message clair au ministère dirigé par le Général à la retraite, Ibrahima Kalil Condé.
« Pour nous, la Guinée mérite un Ministère de l’Administration du Territoire plus responsable. On ne peut pas tenter de supprimer les partis politiques par la force. Ce ministère peine déjà à s’accorder sur le fichier électoral à adopter, alors que le président du CNRD avait promis un décret pour organiser un référendum au premier trimestre 2025 », a-t-il déclaré.
Face à cette situation, Aboubacar Demba Dansoko fait des propositions au département de tutelle des partis politiques. « Le haut commandement de la Gendarmerie n’a, à ce stade, rien à voir avec cette décision. Il faut engager un dialogue entre le MATD et les partis politiques concernés pour débattre de la légalité de ces mesures. Tant que les partis ne créent pas de troubles dans la rue, ils doivent pouvoir continuer à exercer leurs activités. Un État a besoin de sa classe politique. Concernant le RPG, nos textes nous autorisent à organiser des conventions dans certaines circonstances. C’est ce que nous avons fait dès après le coup d’État », a-t-il indiqué
La gendarmerie passera-t-elle à l’action dans les jours qui suivent, samedi précisément (jour des assemblées générales) ? En tout cas, pour beaucoup d’observateurs, ces actions pourraient porter un coup au paysage politique guinéen en cette période de transition.
Moussa SIDIBE