La Chambre de jugement de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a de nouveau examiné ce lundi 3 mars 2024, le dossier impliquant l’ancien gouverneur de la banque centrale, Ibrahima Chérif Bah. L’audience a été marquée par des tensions entre les différentes parties, notamment concernant l’état de santé du prévenu, qui n’était pas présent.
Me Sékou Kondiano, l’avocat de Ibrahima Chérif Bah, a sollicité la parole pour attirer l’attention sur la gravité de l’état de santé de son client, justifiant ainsi son absence. Cette demande a suscité l’irritation de la partie civile, représentée par Me Pépé Antoine Lama, avocat de l’État, ainsi que du Ministère public, Aly Touré. Ces derniers ont contesté la légitimité de donner la parole au conseil du prévenu en matière pénale, arguant que cela ne devrait pas être permis.
Me Pépé Antoine Lama a vivement réagi, dénonçant les multiples reports du dossier. « Monsieur le Président, nous avons trop enduré dans ce dossier des renvois basés sur des contre-vérités« , a-t-il déclaré. Il a rappelé que des renvois ont été effectués à plusieurs reprises, parfois à des intervalles d’un ou deux mois, et a exprimé sa frustration face à ce qu’il considère comme des manœuvres dilatoires.
L’avocat de l’État a également produit un article de presse d’Africaguinée.com, dans lequel Ibrahima Chérif Bah, bien que prétendument alité, s’exprime publiquement pour se défendre. « Je suis actuellement en dehors du pays, occupé à finaliser certains contrats de consultant après plusieurs mois d’interruption« , peut-on lire dans l’article. Me Lama a souligné l’incohérence entre cette déclaration et les arguments avancés par la défense pour justifier l’absence de son client.
« Ce dossier est tellement simple et clair que nous n’avons même plus besoin de renvoyer », a insisté Me Lama, appelant à une résolution rapide de l’affaire. Il a demandé à la cour de permettre à la partie civile de plaider sans délai, affirmant que tous les éléments nécessaires étaient déjà en possession des juges.
Le Ministère public a quant à lui sollicité un report des plaidoiries à huitaine, prolongeant ainsi l’attente pour une décision finale. La tension palpable dans la salle d’audience reflète l’importance et la complexité de ce dossier, qui continue de susciter des débats animés entre les parties prenantes.
La cour a finalement clos les débats et renvoyé au 10 mars pour les plaidoiries et réquisitions.
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