Dans un élan de succession des faits, le CNRD tient en haleine, l’opinion politique et sociale du pays. Après avoir annoncé l’arrivée d’une partie des kits d’enrôlement, alors que le Président Mamadi Doumbouya essuyait des critiques de nombre d’internautes sur la non-tenue de la promesse du 31 décembre annonçant le décret de fixation de la date du référendum à la fin du 1er trimestre 2025, le chef de l’Etat a fini par réagir la date du 21 septembre prochain le scrutin référendaire. Un décret qui n’échappe pas aux critiques des acteurs politiques.
Pour le leader du Bloc Libéral, « C’est un décret tombé au forceps. Après les déclarations et annonces de 2023, censées se concrétiser en 2024 mais qui ne l’ont pas été, l’année 2025 ne pouvait pas ressembler à 2024. C’est pourquoi les Guinéens et les professionnels de l’information attendaient la fin du premier trimestre pour savoir si 2025 serait simplement une répétition de l’année précédente. Donc, cette fois-ci, ils se sont dit : « Fixons une date, qu’elle soit respectée ou non, au moins on pourra dire qu’une date a été avancée. »
Dr Faya Millimouno se montre perdu dans cette manœuvre des autorités de la transition dont les actes ne reposeraient sur aucune norme. « Mais en matière d’élections, je ne comprends pas le sens d’un tel décret. Lorsqu’il y a une consultation majeure, la loi encadre la prise de certaines décisions. Par exemple, quarante jours avant le scrutin, un décret doit convoquer le corps électoral, ce qui signifie l’ouverture officielle de la campagne. Or, nous sommes aujourd’hui le 1ᵉʳ avril, et la date annoncée est en septembre. Il reste donc encore cinq mois avant cette échéance, alors même que nous sommes toujours en phase de recrutement des agents recenseurs”, a indiqué le président du Bloc Libéral.
Même étonnement et scepticisme chez Dr Edouard Zotomou de l’alliance nationale pour l’alternance démocratique. Il entame en disant : « Je vois dans cette annonce une nouvelle manœuvre pour détourner l’attention et prolonger inutilement la transition. Dès 2024, il avait été promis que le référendum se tiendrait au premier trimestre 2025. Mais à la date du 31 mars, aucune mesure concrète n’avait été prise en ce sens. Aujourd’hui, on parle de recensement, mais comment organiser un référendum sans fichier électoral préalable ? (….) Si on veut que les choses s’apaisent franchement, il va falloir les faire telles qu’annoncées dans la Charte de la Transition. Et que les engagements pris soient respectés », a-t-il rappelé.
Pour lui, tout est mis en œuvre aujourd’hui par le CNRD pour truquer les élections dont la tenue reste encore d’ailleurs incertaine. « On est en train de subdiviser et de multiplier les quartiers simplement pour pouvoir faire une sorte de transfert de voix. Par exemple, Mandiana est subdivisé en 22 quartiers alors qu’il ne représente même pas la moitié d’un quartier à N’Zérékoré. Au final, c’est pour dire que la Constitution est adoptée par une certaine majorité. Ce sont des quartiers créés uniquement à cet effet. Kankan compte 52 quartiers et N’Zérékoré 22, alors qu’ils ont à peu près la même dimension, voire N’Zérékoré est légèrement plus grand », a fait remarquer Dr Zotomou
Moussa SIDIBE