Les Républiques de Guinée et du Mali, deux pays actuels, autrefois de l’Empire Manding sont qualifiés de nos jours de deux pays aux mêmes peuples et même histoire. D’aucuns diraient même, « deux poumons dans un même corps » après les tracés coloniaux qui ont séparé les habitants. Depuis là, vue la porosité des frontières, les communautés frontalières sont exposées à des conflits récurrents autours des terres de culture et des sites d’orpaillage. C’est pour donc prévenir et stopper des affrontements parfois mortels entre les deux peuples, que les deux Etats sont engagés à obtenir de résultats fiables de matérialisation de la frontière entre la Guinée et le Mali.
C’est dans ce cadre qu’une commission technique mixte de matérialisation de la frontière Mali-Guinée, travaille d’arrache-pied pour aboutir à cette fin.
Mais de quoi s’agit-il en réalité ?
Partant des documents de base, il s’agit du processus de matérialisation de la frontière entre la République du Mali et la République de Guinée déclenché depuis en avril 1993 à Labé en Guinée. Cette frontière est longue d’environ 906 kilomètres. Elle n’est encore ni délimitée ni démarquée.
Selon un document de la commission, « Elle est caractérisée par ses multiples conflits inter communautaires qui y naissent généralement autour de l’exploitation des terres de culture, des sites d’orpaillage et d’autres ressources naturelles qui s’étendent de part et d’autre de la frontière. »
En vue de prévenir ces éventuels conflits, les deux États se sont engagés dans un partenariat bien dynamique visant à matérialiser leur frontière commune en vue de renforcer les relations de bon voisinage afin d’instaurer un climat de paix et de cohabitation pacifique entre les populations frontalières.
C’est dans ce but qu’une Commission Technique Mixte de matérialisation de la frontière (CTM) a été mise en place pour conduire le processus de matérialisation effective de cette frontière.
Selon le Secrétariat Exécutif de la Commission Nationale des Frontières de Guinée (CNFG), conduite par M Sidya Diabaté, « Depuis la relance des activités de la Commission à Conakry en décembre 2013, le processus de matérialisation de la frontière avance considérablement jusqu’à la rencontre de Kangaba du 29 avril au 03 mai 2024, qui a été marquée par l’élaboration d’un avant-projet de traité de la ligne frontière consensuelle. »
Il ressort de cette même rencontre des portions de frontière non consensuelles dû à l’interprétation différente des textes qui les définissent.
Cela en est le cas de l’arrêté général n°2728 AP du 27 novembre 1935 portant délimitation des cercles de Bafoulabé, Bamako et Mopti au Soudan français qui décrit la frontière à travers « un marigot, affluent du Bafing au Nord du Mont Sagou ». Une mission technique conjointe de reconnaissance de la Sous-Commission Technique Mixte de matérialisation de la frontière a effectuée du 26 janvier au 04 février 2025 à la frontière commune pour recueillir des informations détaillées afin d’éclairer davantage sur l’existence du marigot affluent du Bafing au nord du mont Sagou.
C’est à cette fin qu’il est prévu à Bamako, du 25 au 29 novembre 2025, un atelier technique de restitution des résultats de la reconnaissance technique ciblée de la zone du Mont Sagou et la validation de l’avant-projet de traite de délimitation, de démarcation et de bornage de la ligne frontière Mali-Guinée.
Que vise cet atelier ?
Selon un document consulté par notre rédaction, « la rencontre de la Commission Technique Mixte de Matérialisation de la frontière Mali-Guinée a pour objectif principal de restituer les résultats de la reconnaissance technique ciblée et de valider le document de l’avant-projet de traité de délimitation, de démarcation et de bornage de la ligne frontière consensuelle. »
Il s’agit spécifiquement :
- De restituer la mission conjointe de reconnaissance technique ciblée de la zone du Mont Sagou en vue d’éclairer d’avantage la commission sur l’existence du marigot, affluent du Bafing au nord du mont Sagou ;
- D’élaborer un tracé consensuel de ladite portion ;
- De valider le document de l’avant-projet de traité suite à sa validation par les différentes Commissions Nationale des Frontières des deux pays ;
- Et d’élaborer une feuille de route pour la suite du processus.

Qu’est ce qui est attendu au terme de la rencontre ?
Toujours selon notre document consulté, les résultats attendus de cette rencontre sont les suivants :
- La restitution de la mission conjointe reconnaissance technique ciblée de la zone du Mont Sagou ;
- Elaboration d’un tracé consensuel de ladite portion ;
- Validation du document de l’avant-projet de traité suite à sa validation par les différentes Commissions Nationale des Frontières des deux pays ;
- Élaboration d’une feuille de route pour la suite du processus.
A noter que ces travaux de bout en bout, sont financés par les deux États avec l’appui de la GIZ/PFUA.
Les travaux sont portés par le Secrétariat exécutif de la commission nationale des frontières de Guinée et la Direction Nationale des Frontières du Mali.
Daouda Mohamed Camara














