Dans son message de Nouvel An, le président élu Mamadi Doumbouya avait solennellement déclaré : « pour ma part, je tendrai la main à toutes les filles et à tous les fils de notre pays afin de construire ensemble un avenir prospère et durable ».
Une main tendue que Cellou Dalein Diallo ne rejette d’emblée mais à condition. Interrogé par RFI sur cette main tendue du président de la République ce lundi, le président de l’Union des Forces démocratiques de Guinée (UFDG) y va avec des réserves
« Écoutez, d’abord, il faut savoir qu’il a tenu des discours toujours rassurants depuis la prise du pouvoir. C’est ce qui avait motivé notre mobilisation pour soutenir le coup d’État, parce qu’il semblait, par ses discours, répondre aux attentes de la population, vous vous en souvenez. Il a toujours dit qu’il allait donner le pouvoir aux civils, que le peuple aura choisis. Malheureusement, dans la pratique, c’est tout le contraire qu’il a fait. Donc, c’est très difficile de lui faire confiance. Il a prêté serment de respecter la Charte de la transition, mais dans la pratique, on a assisté à des disparitions forcées, à la fermeture des radios, à des poursuites fantaisistes contre des leaders politiques, à des assassinats suspects dans les prisons, à beaucoup de choses. Il a tenu à faire taire toutes les voix dissonantes… Vous savez, le dialogue politique, moi, j’ai toujours prôné le dialogue pour éviter ce qui nous est arrivé. Malheureusement, ils ne l’ont jamais accepté et ils ont plutôt réprimé toutes les voix discordantes. Moi, je suis partisan du dialogue si c’est pour discuter d’un retour effectif à l’ordre constitutionnel, pour restaurer les libertés publiques, pour assurer davantage la protection des droits humains je serai ouvert si c’est le cas. Il n’y a pas de liberté, il n’y a pas de démocratie », a-t-il indiqué.
Le 28 décembre 2025, les guinéens étaient aux urnes pour élire le président de la République. Mamadi Doumbouya a été proclamé président avec 86,72% avec un taux de participation de plus de 86%. Un taux que Cellou Dalein Diallo rejette. « Vous savez bien que cette mascarade, aussi bien pour le référendum que pour l’élection présidentielle, il n’y a pas eu de vote. Ça a été un désavoue du régime. Parce que les Guinéens ne se sont pas déplacés pour aller vers les unes, même s’ils ont proclamé des chiffres qui n’ont rien à voir avec la réalité », a-t-il souligné.
Sur l’avenir de son parti et son exil prolongé, Cellou Dalein Diallo ne s’avoue pas vaincu. « On va continuer la lutte de plus belle. Encourager que nous sommes par le désavoue du régime qui a été constaté lors du référendum et amplifié pendant le simulacre d’élection présidentielle du 28 décembre. Le président sait bien qu’il n’a pas obtenu l’onction de la population. Le régime ne tient plus à rien. Il peut s’effondrer à tout moment. Le régime ne tient pas à grand-chose. Il n’a pas de légitimité. Il se disqualifie tous les jours par, naturellement, une confiscation éhontée du pouvoir à travers le scrutin, le faux scrutin du 28 décembre dernier », a-t-il martelé.
Pour le leader de l’UFDG, la situation actuelle ne marque pas une sortie de crise, mais bien une continuité de l’exception. « C’est une nouvelle transition. Ce n’est pas un retour à l’heure conditionnelle. En réalité, c’est une prolongation de la période d’exception », a-t-il laissé entendre.
Depuis longtemps, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) peine à tenir son congrès pour renouveler ses instances. Ne craint-il pas une disparition systématique du parti ? Cellou Dalein Diallo accuse. « C’est fait exprès. Vous savez que nous étions engagés à aller au congrès, ils ont créé des choses pour nous suspendre. Alors que cette suspension arrivait à terme, une nous nouvelle suspension a été décidée. C’est une haine contre notre parti… », a-t-il fait savoir.
Décryptage Daouda Mohamed














