L’ancien ministre de la défense nationale, Docteur Mohamed Diané était de nouveau à la barre ce jeudi, 11 juin 2026, devant la chambre des appels de la CRIEF. A l’audience de ce jour, trois témoins ont comparu à la demande du parquet.
Il s’agit d’abord de Monsieur Sékou Kaké, entrepreneur qui a réclamé la propriété de certains biens attribués à Docteur Mohamed Diané et qui ont été confisqués, notamment un terrain à Nongo et le siège de la SOGEFEL SARL à Almamya (Kaloum) qu’il dit avoir baillé à l’État guinéen pour 60 ans.
Dans sa déposition, Monsieur Kaké dit n’avoir jamais eu de liens d’affaires avec le prévenu, à part le lien de voisinage entre leurs familles.
Le directeur de la DOCAD et le conservateur foncier ont aussi comparu en qualité de témoins pour éclairer à la chambre des appels, certains biens immatriculés de Docteur Mohamed Diané et ses proches au niveau de la direction nationale des domaines et du cadastre.
Répondant aux questions à la barre, Docteur Mohamed Diané a nié être propriétaires de plusieurs biens cités dans la liste fournie par le conservateur foncier. Un nombre important des titres fonciers cités à Conakry et Kankan par le juge, Daye Mara, sont établis au nom des enfants du prévenu qui a par ailleurs reconnu quelques titres fonciers établis à son nom.
L’autre question abordée et qui était déjà en débat, c’est celle en lien avec un certain Mohamed Diané qui travaillerait à la Cour Suprême. Le ministère public a fait savoir que le prévenu percevait un salaire de 900 millions en dehors de son salaire de ministre. Il dit avoir obtenu ce rapport à la division solde du ministère du budget qui est désormais couplé au ministère de l’économie, des finances et du budget. Il se dit d’ailleurs prêt à fournir des éléments pour appuyer cette pièce. Et le substitut du procureur a demandé à la cour de donner du temps aux différentes parties afin d’examiner ce rapport.
Sur cette question, l’ancien ministre de la défense n’est pas resté sans réaction. Dr Mohamed Diané a dénoncé ce qu’il qualifie de harcèlement judiciaire. « Il s’agit d’un harcèlement judiciaire, je sais que ce n’est plus un problème de justice », a-t-il lancé.
C’est suite à cela que le juge a d’abord ordonné au prévenu de faire la liste des biens qu’il reconnaît et ceux qu’il n’a pas reconnu avant de renvoyer l’affaire au 25 juin 2026 pour la suite des débats et éventuellement les plaidoiries et réquisitions.
Moussa SIDIBE














