La communauté Djalonké a un nouveau président. Colonel Dantiny Camara, c’est son nom. Il a été récemment retraité à la douane. Le 21 juin 2026, il a été officiellement intronisé en présence d’une forte assemblée qui a mobilisé des sages de toutes les régions de la Guinée.
C’est un nouveau président extrêmement reconnaissant, qui estime que c’était le plus beau jour de sa vie. Ému au point de pleurer, il considère cette responsabilité comme une mission significative dans sa vie, bien au-delà de ses expériences passées dans l’administration.
Selon ce natif de Siguiri, c’est alors qu’il était aux États-Unis, qu’il a accepté immédiatement par respect et devoir envers la communauté. Sa désignation a été soutenue par toutes les composantes de la communauté lors de la cérémonie, y compris les communautés du Fouta, de la Forêt, Basse-Côte, et de la Haute Guinée.
« Là j’étais très content. J’avais dit que c’est le plus beau jour de ma vie. J’ai fait l’administration, j’ai été nommé à plusieurs postes. Je n’ai versé les larmes. Mais quand maintenant la communauté m’a désigné à mon insu, parce que j’étais aux Etats-Unis, ils m’ont envoyé le message. Je suis venu, tous les doyens m’ont reçu. Ils ont dit qu’ils sont à la recherche d’un sage qui peut faire ce travail. Le choix est tombé sur moi. Ça ne veut pas dire que je suis le meilleur, mais le choix est tombé sur moi comme ça. Et finalement, tous étaient là. Le moment de mon intronisation, toutes les communautés étaient là. Des sages du Fouta, de la Haute Guinée, de la Forêt ainsi que de la Basse-Côte, tout le monde était là. Et ça s’est très bien passé. C’est justement ce jour que j’ai pleuré de joie. Parce que j’ai eu une grande mission désormais. Ça implique que je dois faire mieux encore. Si je faisais du bien, être honnête, je dois être mieux encore. »
Première Mission : Monsieur Camara dit se positionner comme facilitateur entre toutes les communautés de Guinée pour renforcer l’unité et la cohésion sociale. Il veut donc intervenir en cas de crise pour instaurer l’unité et s’assurer que toutes les communautés trouvent un intérêt dans ses actions, en mettant en avant les valeurs d’honnêteté, intégrité et équité dans ses interventions.
« Très bien. Moi, ma première mission, je veux être facilitateur entre toutes les communautés. En cas de crise, je ne le souhaite pas évidemment, mais puisque les crises sont inévitables dans une vie humaine, je dois intervenir pour cultiver l’unité. Et je dois être plus honnête dans mes interventions, et être plus correct. Chaque fois que je parlerai désormais, que toute la Guinée trouve son intérêt dans ce que je dis. Il y a un écrivain, Nènè Moussa Maleah Camara, qui a dit que ‘’la Guinée est une famille’’. Et c’est bien la vérité. Moi j’ai travaillé dans l’administration en tant que douanier, j’ai fait la ronde de la Guinée dans l’administration. Vous arrivez en Forêt, ils vont tellement vous adopter que vous ne ferez jamais de mal à un fils de la Forêt. Il en est de même en Haute Guinée, au Fouta et en Basse-Guinée. Les guinéens sont merveilleux, aimables et accueillants.
On est très d’accord. Donc mon travail maintenant c’est d’aller dans ce sens-là. Être un bon facilitateur pour que tout le monde trouve son intérêt dans ce que je vais dire. »
Le Colonel à la retraite, Dantiny Camara, rappelle que la communauté Djalonké est parmi les plus anciennes sur le territoire guinéen, avec des connexions historiques entre Djalonké, Malinké et Soussou. Il note l’importance de la langue et des échanges culturels entre régions (Forêt, Fouta, Basse-Côte).
Il souligne par ailleurs que la communauté Djalonké a une forte présence et influence, et des liens familiaux et linguistiques avec d’autres populations jusqu’en Sierra Leone et au Libéria.
« Très bien. Vous savez la communauté Djalonké est l’une des plus vieilles sur le continent. La communauté Djalonke, Bilimba qui était là-bas, à Sibi, il était le roi Djalonke. Presque tout le monde parlait Djalonke. Tout le monde, que tu sois de n’importe quel nom de famille dans le manden, tu parlais Djalonke. Entre le Djalonke et Malinké, il n’y a pas de différence. Et quand tu arrives en forêt, tu trouves les mêmes dialectes là-bas. Là-bas, chez les guerzés, chez les tomas, kissis entre autres, tout le monde presuque. Tu viens en Basse–côte, celui qui a fondé Kindia, Manga Kindi, lui, c’est notre arrière grand-père, malgré le fait que je sois né à Siguiri. Mais lui, il est notre grand-père de même lait. Donc, tout ce que tu parles en Soussou, c’est le Djalonké. Cette langue-là qu’on parlait là-bas, vers le Mandé, c’est le Djalonké. Tout ce que tu parles en Soussou, c’est d’abord le Djalonké. Tu vas en Sierra Leone, tu vas au Fouta, c’est pareil partout. Même au Libéria. Donc mon travail doit être désormais, la bonne facilitation. C’est tout ce que je peux dire dans ce sens. »
Après la saison des pluies, un programme de déplacements et d’organisations communautaires est prévu afin de renforcer les liens et de promouvoir l’union nationale. Mettre en avant l’idée que la Guinée est une famille unie, où il n’existe pas de différences fondamentales entre les communautés.
« S’il plaît à Dieu, ça se trouve dans notre programme. Après la saison des pluies, nous prévoyons des organisations, des invitations. Nous allons nous déplacer aussi. Ça sera un facteur d’union. Tout le monde va se réunir autour de cet idéal. Pour dire, pour prouver que la Guinée est une famille. Nous devons nous entendre. En gros, c’est ça. »
Appel au communautarisme positif : Colonel Dantiny Camara encourage tous les membres de la communauté à s’ouvrir aux autres, à rechercher l’entente, à renforcer les relations intercommunautaires et à se rappeler que tous les Guinéens partagent le même sang. Pour terminer, Monsieur Camara souhaite que la paix et l’unité prévalent au sein de la communauté.
« Et tout, ce que je peux dire à la communauté dont je suis le président, je demande à tout le monde, c’est de bannir le communautarisme sectaire, il faut faire tout pour s‘entendre avec les autres. Il faut faire tout pour être dans le jeu des autres, que nous nous entendions en Guinée. Il n’y a pas de différence entre nous, c’est le même sang. Donc c’est ce que je peux leur dire. »
Sursautguinee.info














