Au fond, la question n’est pas tant de savoir qui sera nommé demain, ou qui bénéficiera de la prochaine promotion. L’enjeu est ailleurs, et il est plus profond : voulons-nous une administration fondée sur le mérite, le respect des lois et la compétence ou continuerons-nous à banaliser des raccourcis qui, à terme, fragilisent nos institutions ?
Depuis quelque temps, certaines pratiques observées dans notre administration suscitent inquiétude et désarroi. Elles ternissent l’image de l’État et envoient à notre jeunesse un message préoccupant. Car à force de voir les règles contournées, nombre de jeunes en viennent à penser que l’effort, la patience et la progression par le travail n’ont plus vraiment de valeur. Or c’est précisément sur ces principes que se construit une nation forte et durable.
Chaque décision prise aujourd’hui façonne la Guinée de demain. Lorsque l’intérêt particulier prend le pas sur l’intérêt général, ce sont nos institutions qui s’affaiblissent, notre crédibilité qui s’érode, et l’avenir de nos enfants qui s’obscurcit.
Il est temps de replacer la République au-dessus des intérêts individuels. Une administration respectée est celle où chacun progresse selon ses compétences, son engagement et les textes qui régissent la fonction publique. C’est de cette exigence que naissent la confiance, la justice et la stabilité.
On ne peut s’empêcher de penser à cette nouvelle génération, qui grandit en observant la promotion de la facilité plutôt que celle de l’excellence. Cette culture du raccourci, si elle peut sembler avantageuse à court terme, risque de coûter cher à long terme. Aucun pays ne s’est développé durablement sans discipline, sans respect des règles et sans institutions solides.
Avant toute décision, une question simple devrait s’imposer : quel héritage laisserons-nous à nos enfants ? Car les choix d’aujourd’hui détermineront la qualité de leur éducation, la solidité de notre économie, la cohésion de notre société et la crédibilité de notre État.
Nous en appelons, avec tout le respect qui leur est dû, aux autorités : n’abandonnons ni notre jeunesse, ni notre système éducatif. Le capital humain demeure la première richesse d’une nation. Investir dans l’éducation, valoriser le mérite et protéger nos institutions sont autant de choix qui garantissent un développement durable et une Guinée plus juste.
Un pays ne s’effondre pas en un jour. Il s’effrite, décision après décision, compromis après compromis jusqu’au jour où il n’a plus rien à transmettre. La Guinée n’a pas besoin de privilèges pour avancer. Elle a besoin d’hommes et de femmes capables de leur résister.
Par Oumar DIANÉ, citoyen














