Il y a quelques semaines, nous alertions déjà sur les conséquences prévisibles de la démission de M. Mamadou Alpha Hann du Comité Exécutif de la Fédération Guinéenne de Football (FEGUIFOOT). Nous écrivions alors qu’un Comex privé de sa légitimité statutaire ne pourrait plus prendre de décisions stratégiques, que les programmes de développement seraient retardés, et que la crédibilité retrouvée de la fédération, patiemment reconstruite après tant de sacrifices collectifs, se trouverait fragilisée. Ce que nous redoutions comme un risque est aujourd’hui un fait établi.
Un communiqué qui confirme la paralysie
Le 24 juillet 2026, la FEGUIFOOT a publié un communiqué signé de son Secrétaire Général, M. Ibrahima Barry, annonçant le report jusqu’à nouvel ordre de deux activités majeures initialement programmées les 28, 30 et 31 juillet : la cérémonie de lancement du FIFA Talent Development Scheme (TDS) et l’Atelier de restitution de l’Analyse de l’Environnement du Football Amateur (AEFA).
Le communiqué est sans ambiguïté sur l’origine de cette décision : elle intervient à la suite d’échanges avec la FIFA relatifs à la situation institutionnelle actuelle de la fédération, et aux dispositions à observer durant cette période transitoire. Autrement dit, ce n’est pas un simple contretemps logistique. C’est la FIFA elle-même qui, constatant l’instabilité du Comex, impose désormais la prudence avant de poursuivre des programmes structurants pour l’avenir du football guinéen.
Ce que ce report signifie concrètement
Le FIFA Talent Development Scheme est l’un des leviers les plus importants pour la détection et la formation des jeunes talents guinéens ; l’AEFA devait, elle, poser les bases d’une meilleure organisation du football amateur, socle de toute la pyramide sportive nationale. Reporter ces deux chantiers, ce n’est pas seulement perdre quelques semaines : c’est retarder des investissements dans la jeunesse, dans les clubs de base, dans les régions — au moment précis où la Guinée a besoin d’accélérer, à quelques mois des échéances majeures pour le Syli National.
Nous l’avions écrit : la fragilisation des relations avec la FIFA et la CAF n’était pas une hypothèse d’école. Elle se matérialise aujourd’hui sous la forme la plus concrète qui soit — des programmes suspendus, une fédération placée sous surveillance institutionnelle, et une incertitude qui plane sur le calendrier de reprise.
Une facture que le pays tout entier va payer
Ce qui se joue ici dépasse largement le cercle des dirigeants du Comex. Ce sont les jeunes talents des régions qui attendaient le lancement du TDS pour être détectés et accompagnés. Ce sont les clubs amateurs qui espéraient les conclusions de l’AEFA pour mieux structurer leur fonctionnement. Ce sont, plus largement, des millions de Guinéens pour qui le football reste un facteur d’unité et de fierté nationale, et qui voient aujourd’hui cette dynamique suspendue à une crise de gouvernance qui aurait pu être évitée.
Nous le disions déjà : une démission qui plonge toute une fédération dans l’incertitude engage la responsabilité de celui qui l’a prise. Le communiqué du 24 juillet en est la démonstration la plus nette. Ce n’est plus une alerte. C’est un constat.
L’urgence d’une transition institutionnelle apaisée
Il revient maintenant, plus que jamais, aux autorités compétentes et à l’ensemble de la famille du football guinéen de sécuriser rapidement une sortie de crise institutionnelle. Chaque semaine de flottement se traduit par des programmes suspendus, des partenaires en attente, et une jeunesse guinéenne privée d’opportunités qu’elle n’avait pas à perdre. Le football guinéen ne peut pas continuer à payer, activité après activité, le prix d’un choix individuel.












