C’est une excellente nouvelle pour le Colonel Bienvenu Lamah, sa famille et ses avocats. Après près de quatre bonnes années entre la Maison Centrale de Coronthie et la salle d’audience délocalisée à la cour d’appel de Conakry, cet officier de la gendarmerie guinéenne vient d’être libéré par la le tribunal et lavé de toutes les accusations liées aux évènements du massacre du 28 septembre 2009 au stade du même nom et les jours suivants.
Fin d’une longue saga judiciaire
Placé sous mandat de dépôt depuis novembre 2022, le Colonel Bienvenu Lamah qui a fait face à toute la procédure avec la conviction d’innocence dans les charges de complicité entre autres, pousse le grand souffle ce lundi 27 juillet 2026, malgré la lourde peine de dix ans de réclusion criminelle requise contre lui par le parquet.
Poursuivi pour complicité de meurtre, viol et enlèvement dans le cadre des événements du 28 septembre 2009, l’officier supérieur a été intégralement acquitté par le tribunal criminel de Dixinn.
La juridiction a ordonné son acquittement en rejetant la responsabilité de commandement ainsi que la demande de requalification des faits déposée par l’accusation.
Les motifs du verdict
Statuant en premier ressort, le tribunal a basé sa décision sur l’action publique en retenant deux éléments majeurs :
- Une demande sans objet : Les faits reprochés ont déjà reçu une qualification de crimes contre l’humanité lors du jugement historique du 31 juillet 2024.
- Non-culpabilité totale : Le tribunal a déclaré le colonel Lamah non coupable des charges de crimes contre l’humanité et de responsabilité de commandement.
Le juge a ordonné la remise en liberté immédiate de l’officier.
Le rejet des actions civiles
Sur le plan civil, le tribunal a reçu les constitutions de plusieurs organisations de défense des droits humains (FIDH, OGDH, AVIPA) et de dizaines de victimes individuelles. Cependant, la justice a tranché :
- Plaintes non fondées : L’ensemble des demandeurs a été débouté de ses prétentions financières.
- Frais à la charge de l’État : Les demandes d’astreinte financière ont été déclarées sans objet, et l’intégralité des dépens a été mise à la charge du Trésor public.
Ce verdict s’appuie sur l’application combinée du Statut de Rome (ratifié en 2022), du Code pénal, du Code de procédure pénale et du Code civil guinéen.
Moussa SIDIBE














