Dans toute architecture administrative décentralisée, le chef de quartier et le chef de secteur occupent une position singulière : ils sont à la fois le dernier maillon de la chaîne administrative de l’État et le premier interlocuteur des populations. Ni fonctionnaire au sens strict, ni simple citoyen ordinaire, ils incarnent cette interface indispensable entre l’autorité publique et la réalité quotidienne des communautés qu’ils administrent.
Or, force est de constater que dans de nombreuses villes guinéennes, et particulièrement à Conakry, cette position stratégique est trop souvent dévoyée, négligée ou instrumentalisée. Les occupations anarchiques de l’espace public, les constructions illicites dans les zones à risques, les empiètements sur les emprises routières, les installations précaires dans les zones inondables ou à flanc de colline autant de phénomènes qui se développent et prospèrent, parfois sous le regard passif, parfois avec la complicité tacite ou active de ceux-là mêmes qui sont chargés d’y mettre fin.
Il est donc légitime et urgent de poser la question avec toute la clarté qu’elle mérite : 𝐣𝐮𝐬𝐪𝐮’𝐨𝐮̀ 𝐬’𝐞́𝐭𝐞𝐧𝐝 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐞𝐟𝐬 𝐝𝐞 𝐪𝐮𝐚𝐫𝐭𝐢𝐞𝐫 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐬𝐞𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐲𝐬𝐟𝐨𝐧𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 ?𝐄𝐭 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐬𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐞́𝐪𝐮𝐞𝐧𝐜𝐞𝐬, 𝐡𝐮𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞𝐬, 𝐣𝐮𝐫𝐢𝐝𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐢𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 ?
𝐈. 𝐋𝐄 𝐂𝐀𝐃𝐑𝐄 𝐃𝐄 𝐂𝐎𝐌𝐏𝐄́𝐓𝐄𝐍𝐂𝐄 : 𝐂𝐄 𝐐𝐔𝐄 𝐋𝐀 𝐋𝐎𝐈 𝐀𝐓𝐓𝐄𝐍𝐃 𝐃’𝐄𝐔𝐗
𝟏.𝟏 𝐔𝐧𝐞 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐱𝐢𝐦𝐢𝐭𝐞́ 𝐚𝐮𝐱 𝐚𝐭𝐭𝐫𝐢𝐛𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐩𝐫𝐞́𝐜𝐢𝐬𝐞𝐬
En République de Guinée, comme dans la plupart des États d’Afrique francophone, les chefs de quartier et de secteur sont des auxiliaires de l’administration territoriale, placés sous l’autorité directe du maire et du sous-préfet. À ce titre, ils sont investis de missions clairement définies par les textes régissant les collectivités locales, notamment :
– La surveillance et le signalement de toute occupation irrégulière de l’espace public sur leur territoire de compétence ;
– La sensibilisation des populations au respect des règles d’urbanisme, des normes de construction et des prescriptions relatives aux zones à risques ;
– La remontée d’informations vers les autorités compétentes (mairie, préfecture, services techniques) en cas de construction illicite, d’empiètement ou d’installation dans une zone dangereuse ;
– La participation active aux opérations de recensement, de bornage et de délimitation des espaces publics et des zones non aedificandi ;
– La médiation communautaire dans les conflits fonciers et les litiges liés à l’occupation de l’espace.
Ces attributions ne sont pas symboliques. Elles confèrent aux chefs de quartier et de secteur 𝐮𝐧𝐞 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐫𝐞́𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐞𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐣𝐮𝐫𝐢𝐝𝐢𝐪𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐞𝐧𝐠𝐚𝐠𝐞𝐚𝐛𝐥𝐞, dès lors qu’ils manquent à leurs obligations de vigilance, de signalement et d’alerte.
𝟏.𝟐 𝐔𝐧𝐞 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐦𝐨𝐫𝐚𝐥𝐞 𝐞𝐭 𝐬𝐨𝐜𝐢𝐚𝐥𝐞 𝐢𝐧𝐜𝐨𝐧𝐭𝐞𝐬𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞
Au-delà du cadre légal, le chef de quartier jouit d’une légitimité sociale et morale que peu d’autres acteurs institutionnels possèdent à ce niveau. Il connaît chaque famille, chaque parcelle, chaque situation. Il sait qui construit, où, et dans quelles conditions. Il est informé en temps réel de tout ce qui se passe sur son territoire, souvent bien avant les services techniques de la mairie.
Cette proximité, qui est sa force première, est aussi ce qui rend inexcusable toute passivité face aux occupations anarchiques et aux installations dangereuses. On ne peut pas, à la fois, revendiquer l’autorité qui vient de la connaissance du terrain, et se déclarer ignorant des dérives qui s’y produisent.
𝐈𝐈. 𝐋𝐄𝐒 𝐅𝐎𝐑𝐌𝐄𝐒 𝐃𝐄 𝐑𝐄𝐒𝐏𝐎𝐍𝐒𝐀𝐁𝐈𝐋𝐈𝐓𝐄́ 𝐄𝐍 𝐂𝐀𝐔𝐒𝐄
𝟐.𝟏 𝐋𝐚 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐢𝐧𝐚𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 : 𝐥𝐞 𝐬𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐥𝐢𝐜𝐞
La première forme de responsabilité et sans doute la plus répandue est celle qui découle non pas d’un acte posé, mais d’une abstention coupable. Ne pas signaler une construction illicite que l’on a vue s’élever, semaine après semaine. Ne pas alerter les autorités compétentes face à une installation dans une zone inondable connue de tous. Ne pas interpeller un occupant qui empiète sur une emprise routière ou sur un espace public classé.
Cette passivité n’est pas neutre. Elle constitue, en droit administratif, une faute de service susceptible d’engager la responsabilité de son auteur. Elle participe, objectivement, à la consolidation des situations irrégulières, rendant leur résolution ultérieure d’autant plus coûteuse socialement, financièrement et humainement.
𝟐.𝟐 𝐋𝐚 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐟𝐚𝐜𝐢𝐥𝐢𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 : 𝐥’𝐚𝐛𝐮𝐬 𝐝’𝐚𝐮𝐭𝐨𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐢𝐧𝐯𝐞𝐫𝐬𝐞́
Plus grave encore est la situation dans laquelle le chef de quartier ou de secteur facilite activement les occupations irrégulières. Délivrance de lettres d’attestation de résidence fictives pour légitimer des occupations illicites, perception de « droits » informels en échange d’une tolérance tacite, orientation de nouveaux occupants vers des zones pourtant classées dangereuses autant de pratiques qui transforment le représentant de l’État en acteur de l’illégalité.
Dans ce cas, la responsabilité n’est plus seulement administrative. Elle peut revêtir une dimension pénale, notamment au titre de la corruption, du trafic d’influence ou de la mise en danger de la vie d’autrui particulièrement lorsque des vies humaines sont menacées par des installations en zones à risques.
𝟐.𝟑 𝐋𝐚 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐦𝐨𝐫𝐚𝐥𝐞 : 𝐪𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐚𝐭𝐚𝐬𝐭𝐫𝐨𝐩𝐡𝐞𝐬 𝐟𝐫𝐚𝐩𝐩𝐞𝐧𝐭
Lorsqu’un glissement de terrain emporte des maisons construites à flanc de colline. Lorsque des inondations ravagent des quartiers entiers bâtis dans des zones marécageuses pourtant répertoriées. Lorsqu’un effondrement de bâtiment précaire tue des familles entières la question qui se pose, avec une acuité douloureuse, est la suivante : qui savait ? Et qui n’a rien dit ?
La réponse, presque toujours, pointe vers le chef de quartier. Celui qui voyait. Celui qui savait. Celui qui, pour des raisons diverses pression communautaire, intérêt personnel, crainte des représailles, ou simple résignation a choisi de se taire.
Cette responsabilité morale est peut-être la plus lourde de toutes. Car elle se mesure non pas en amendes ou en sanctions administratives, mais en vies humaines perdues, en familles détruites, en traumatismes collectifs qui marquent durablement les communautés.
𝐈𝐈𝐈. 𝐋𝐄𝐒 𝐅𝐀𝐂𝐓𝐄𝐔𝐑𝐒 𝐒𝐓𝐑𝐔𝐂𝐓𝐔𝐑𝐄𝐋𝐒 𝐐𝐔𝐈 𝐅𝐀𝐕𝐎𝐑𝐈𝐒𝐄𝐍𝐓 𝐂𝐄𝐒 𝐃𝐄́𝐑𝐈𝐕𝐄𝐒
Il serait cependant réducteur et injuste de faire porter sur les seuls chefs de quartier l’entière responsabilité d’un phénomène dont les racines sont bien plus profondes. Plusieurs facteurs structurels contribuent à leur mise en difficulté :
𝟑.𝟏 𝐋’𝐚𝐛𝐬𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐬𝐭𝐚𝐭𝐮𝐭 𝐜𝐥𝐚𝐢𝐫 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐬𝐨𝐮𝐫𝐜𝐞𝐬 𝐚𝐝𝐞́𝐪𝐮𝐚𝐭𝐞𝐬
Dans de nombreux pays y compris la Guinée, les chefs de quartier exercent leurs fonctions sans statut juridique clairement défini, sans rémunération fixe et sans moyens opérationnels. Comment exiger d’un agent sans ressources qu’il résiste aux pressions d’occupants illicites parfois puissants et influents ? Comment demander à quelqu’un de signaler des infractions quand il n’a ni véhicule pour se déplacer, ni téléphone pour alerter, ni protection institutionnelle en cas de représailles ?
𝟑.𝟐 𝐋𝐚 𝐩𝐫𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐚𝐮𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐬𝐨𝐥𝐢𝐝𝐚𝐫𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐝𝐞 𝐩𝐫𝐨𝐱𝐢𝐦𝐢𝐭𝐞́
Le chef de quartier vit parmi les siens. Il partage avec eux les mêmes liens familiaux, ethniques, religieux et de voisinage. Dénoncer un voisin, s’opposer à un parent ou à un notable local qui construit illégalement, c’est souvent s’exposer à une rupture du lien social qui peut s’avérer très coûteuse dans des sociétés où la solidarité communautaire est à la fois une ressource vitale et une pression permanente.
𝟑.𝟑 𝐋’𝐢𝐦𝐩𝐮𝐧𝐢𝐭𝐞́ 𝐬𝐲𝐬𝐭𝐞́𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐟𝐚𝐢𝐛𝐥𝐞𝐬𝐬𝐞 𝐝𝐮 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐨̂𝐥𝐞 𝐡𝐢𝐞́𝐫𝐚𝐫𝐜𝐡𝐢𝐪𝐮𝐞
Lorsque les chefs de quartier qui signalent des infractions ne reçoivent aucune réponse des autorités compétentes, lorsque les constructions illicites signalées ne sont jamais démolies, lorsque les occupants irréguliers dénoncés ne font l’objet d’aucune mesure le message envoyé est dévastateur : signaler ne sert à rien. Cette impunité systémique décourage les comportements vertueux et normalise progressivement les dérives.
𝐈𝐕. 𝐂𝐄 𝐐𝐔𝐈 𝐃𝐎𝐈𝐓 𝐂𝐇𝐀𝐍𝐆𝐄𝐑 : 𝐕𝐄𝐑𝐒 𝐔𝐍𝐄 𝐑𝐄𝐒𝐏𝐎𝐍𝐒𝐀𝐁𝐈𝐋𝐈𝐓𝐄́ 𝐀𝐒𝐒𝐔𝐌𝐄́𝐄 𝐄𝐓 𝐒𝐎𝐔𝐓𝐄𝐍𝐔𝐄
𝟒.𝟏 𝐂𝐥𝐚𝐫𝐢𝐟𝐢𝐞𝐫 𝐞𝐭 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐥𝐞 𝐬𝐭𝐚𝐭𝐮𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐞𝐟𝐬 𝐝𝐞 𝐪𝐮𝐚𝐫𝐭𝐢𝐞𝐫
Il est impératif de doter les chefs de quartier et de secteur d’un cadre juridique clair, définissant précisément leurs attributions, leurs obligations et les sanctions applicables en cas de manquement. Ce cadre doit également prévoir des mécanismes de protection contre les pressions et les représailles, ainsi qu’une rémunération ou une indemnisation à la mesure des responsabilités exercées.
𝟒.𝟐 𝐑𝐞𝐧𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐚𝐩𝐚𝐜𝐢𝐭𝐞́𝐬
Un chef de quartier qui ne connaît pas les textes sur l’urbanisme, qui ne sait pas identifier une zone à risques sur un plan, qui n’a jamais été formé aux procédures de signalement ne peut pas exercer pleinement ses responsabilités. Des programmes de formation continue, dispensés par les mairies et les préfectures, sont indispensables pour transformer ces agents de proximité en véritables acteurs de la gouvernance locale.
𝟒.𝟑 𝐈𝐧𝐬𝐭𝐚𝐮𝐫𝐞𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐡𝐚𝐢̂𝐧𝐞 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐞𝐟𝐟𝐞𝐜𝐭𝐢𝐯𝐞
La responsabilité des chefs de quartier ne peut être engagée de manière crédible que si elle s’inscrit dans une chaîne de responsabilité globale et cohérente. Cela implique que les maires répondent de leur supervision des chefs de quartier, que les préfets répondent de leur contrôle des communes, et que les services techniques de l’État répondent de leur réactivité face aux signalements reçus. Une chaîne dont on ne tient qu’un maillon n’est pas une chaîne, c’est une fiction.
𝟒.𝟒 𝐀𝐬𝐬𝐨𝐜𝐢𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐡𝐞𝐟𝐬 𝐝𝐞 𝐪𝐮𝐚𝐫𝐭𝐢𝐞𝐫 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐩𝐥𝐚𝐧𝐢𝐟𝐢𝐜𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐮𝐫𝐛𝐚𝐢𝐧𝐞
Plutôt que de les cantonner à un rôle réactif de signalement, les chefs de quartier et de secteur doivent être intégrés en amont dans les processus de planification urbaine, de délimitation des zones à risques et d’élaboration des schémas directeurs d’aménagement. Leur connaissance fine du terrain est une ressource précieuse que les techniciens et les planificateurs ne peuvent se permettre d’ignorer.
Pour clore, la question de la responsabilité des chefs de quartier et de secteur face aux occupations anarchiques et aux zones à risques ne souffre ni de l’ambiguïté ni de la complaisance. Ils ont des obligations. Ils ont une autorité. Et avec cette autorité vient une responsabilité pleine et entière.
Mais cette responsabilité ne peut être exercée dans le vide. Elle suppose un État qui s’organise, des institutions qui soutiennent, des ressources qui permettent d’agir, et une culture de la redevabilité qui s’impose à tous les niveaux de la hiérarchie administrative, du chef de secteur jusqu’au ministre.
Car au bout du compte, lorsqu’une catastrophe frappe un quartier précaire, lorsque des familles perdent tout en une nuit de pluie torrentielle, la vraie question n’est pas de savoir qui a construit là où il ne fallait pas.
La vraie question est : qui avait le pouvoir d’empêcher et n’a rien fait ?
Et cette question-là mérite une réponse. Toujours.
𝐏𝐚𝐫 𝐎𝐮𝐦𝐚𝐫 𝐃𝐈𝐀𝐍𝐄́, 𝐂𝐢𝐭𝐨𝐲𝐞𝐧 𝐠𝐮𝐢𝐧𝐞́𝐞𝐧












