Finances Publiques, Conakry devient le centre névralgique de la gestion de la TVA et de la comptabilisation des recettes fiscales en Afrique de l’Ouest. La capitale guinéenne est depuis ce matin, et pour 4 jours, le creuset de réflexions et de partage autour de la problématique de remboursement du Crédit TVA et de la comptabilisation des recettes fiscales mis en œuvre par les pays couverts par l’AFRITAC de l’Ouest.


Les travaux de l’atelier régional regroupant une trentaine de participants venus de 10 pays et de la Commission de l’UEMOA, ont été solennellement lancés ce mardi 1 er septembre 2026 par Mme la Ministre de l’Economie, des Finances et du Budget, Gouverneur pays au FMI, Mme Mariama Ciré Sylla. Ils marquent une étape cruciale pour l’harmonisation fiscale sous-régionale.

Un enjeu économique et financier majeur pour la sous-région
Véritable poumon financier des États ouest-africains, la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) représente entre 30 et 40 % des recettes fiscales totales dans la zone UEMOA. Pourtant, le mécanisme de remboursement des crédits de TVA souffre de dysfonctionnements chroniques dans plusieurs pays de la région. Les rapports d’experts soulignent :
- Trésorerie sous tension : Absence récurrente de fonds dédiés et accumulation d’arriérés.
- Procédures lourdes : Longs délais de traitement, contrôles préalables systématiques et pièces justificatives excessives.
- Conséquences économiques : Tensions entre le Trésor et les services fiscaux, fragilisation du climat des affaires et hausse des demandes d’exonérations (sources fréquentes de fraudes).

Une synergie régionale pour des solutions concrètes
Pendant quatre jours, Directeurs Généraux des Impôts, cadres supérieurs du Trésor et responsables de la gestion des comptes séquestres à la BCEAO uniront leurs expertises et partageront des expériences réussies.
Les délégations venues du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal, du Togo et de la Commission de l’UEMOA travailleront sur des résultats opérationnels :

- Élaboration d’un guide pratique : Définition d’une structure claire pour le traitement des remboursements et établissement d’une feuille de route pour sa diffusion.
- Évolution réglementaire : Formulations de propositions pour adapter la Directive TVA UEMOA du 22 décembre 1998.
- Sécurisation des fonds : Projet de création d’un compte séquestre dans les livres de la Banque Centrale, géré par un comptable public de l’administration fiscale.
- Comptabilité modernisée : Renforcement du système de comptabilisation des recettes publiques.
Des orientations claires fixées aux participants à l’ouverture
A l’ouverture des travaux, le message du Directeur Régional d’AFRITAC de l’Ouest, Christian EBEKE a été transmis aux participants par le Représentant Resident du FMI en Guinée. Dr Nere Noumon a souligné le rôle et la qualité de « mission d’appui à la formation et au renforcement des capacités qu’AFRITAC de l’OUEST mène en lien avec la diffusion des bonnes de gestion des finances publiques et pour ce cas-ci, dans le remboursement des crédits TVA et la comptabilisation des recettes fiscales. »

Il insistera sur « l’importance et la pertinence des thèmes allant dans le sens d’outiller les cadres et techniciens à travailler à la résilience des économies, à la mobilisation et sécurisation des ressources domestiques en faveur d’un financement efficace des politiques publiques de développement des Etats. »



L’Objectif de l’Atelier de Conakry, démarré ce mardi vise à permettre, une mise en perspective des pratiques, à identifier les principaux défis organisationnels et techniques, à promouvoir des approches pragmatiques et concertée entre les administrations fiscales et les Directions Générales du Trésor et de la Comptabilité Publique (DGTCP) et enfin, à développer les échanges de bonnes pratiques permettant d’améliorer à la fois, la célérité, la sécurité, la transparence et la redevabilité des opérations de remboursements des crédits de TVA et de comptabilisation des recettes fiscales.
Prenant la parole, lors de la session d’ouverture, Mme la Ministre de l’Economie, des Finances et du Budget a souhaité, au nom des plus hautes autorités du pays, ‘’la bienvenue’’ à la trentaine de participants venus de 10 pays de sous-région et de la Commission de l’UEMOA.

Mme Mariama Ciré Sylla a mis en exergue, les défis par rapport à la thématique : « Malgré les réformes engagées dans plusieurs de nos pays, des défis demeurent. Ils concernent notamment les délais de traitement des demandes, l’accumulation éventuelle d’arriérés, la complexité de certaines procédures, les contraintes de trésorerie, la qualité des données ainsi que la coordination entre les administrations fiscales, les services du Trésor et les structures chargées de la comptabilité publique. Les enseignements issus des évaluations TADAT et PEFA mettent également en évidence l’importance d’améliorer la comptabilisation des recettes fiscales, le suivi des crédits de TVA et la cohérence des informations produites par les différentes administrations financières. Ces questions sont essentielles. Une information fiscale et comptable fiable constitue, en effet, une condition indispensable à la transparence budgétaire, à la qualité du pilotage des finances publiques et à la crédibilité de l’action publique. C’est précisément tout l’intérêt de l’atelier qui nous réunit aujourd’hui.



Durant ces quatre jours, vos travaux permettront de confronter les expériences nationales, d’examiner les enseignements tirés des évaluations TADAT et PEFA et d’identifier les bonnes pratiques susceptibles d’améliorer durablement les dispositifs existants. Les échanges devraient notamment permettre d’approfondir les dimensions institutionnelles, organisationnelles, juridiques, comptables et technologiques des remboursements de crédits de TVA et de la comptabilisation des recettes fiscales. » affirmera-t-elle, en guise d’exhortation et d’invite aux participants, afin de trouver des solutions appropriées et efficaces aux défis.

Il est évident que les attentes des pays et des organisateurs sont grandes en termes de résultats : il s’agira entre autres, d’avoir une vision claire et partagée des enjeux liés aux remboursements de crédits de TVA ; de mieux comprendre les attentes et contraintes des différentes parties prenantes. Infine, la technostructure mobilisée doit être en mesure d’identifier des axes prioritaires d’amélioration des dispositifs nationaux et harmoniser les pratiques régionales afin d’améliorer les performances en matière de remboursement de crédit de TVA conformément aux normes TADAT et PEFA (en particulier sur la Comptabilisation des recettes et la gestion des Arriérés de dépenses).

Cette rencontre de haut niveau vise ainsi à instaurer une gestion plus fluide, transparente et redevable de la TVA, indispensable pour maintenir la confiance des entreprises et soutenir la croissance régionale.

Service Communication Relations Publiques MEFB.













