En septembre 2000, plusieurs localités de la région forestière ont été victimes d’attaques rebelles, causant d’énormes pertes en vies humaines, la destruction d’édifices et le déplacement massif des populations vers d’autres villes du pays. Vingt-six ans après les incursions armées qui ont ensanglanté cette partie de la Guinée, l’espoir renaît autour d’une reconnaissance officielle. Le lancement des festivités de la première commémoration de cette tragédie est prévu le 21 septembre 2026 à Macenta, à l’occasion de la Journée internationale de la paix. La cérémonie officielle, quant à elle, se tiendra le 29 janvier 2027 à Guéckédou, date retenue pour marquer la fin des attaques et rendre hommage aux dernières victimes.
Dans une interview accordée à nos confrères de bambouguinee.com, l’Honorable Hadja Maimouna Yombouno Bangoura, qui a perdu son père, El Hadj Mamady Yombouno, lors de ces événements, a exprimé l’espoir des familles endeuillées.« Avec l’avènement de Son Excellence Président Mamadi Doumbouya, chef de l’État et Chef Suprême des Armées, un grand homme d’une humanité, humilité, sensibilité, serviabilité et simplicité sans précédent et sous la 5e République qu’il dirige avec une vocation sociale, les victimes ont grand espoir de commémorer cette tragédie qui a fait des milliers de victimes après plusieurs années passées. Nous avons une pensée particulière sur d’autres localités frontalières à la Sierra Leone qui ont été touchées, comme Faranah, Yende Millimou dans Kissidougou, Forecariah, Madina Oula dans Kindia, », a-t-elle déclaré.
Elle a également précisé que le programme prévoit le lancement officiel des festivités de la première commémoration des attaques rebelles en Guinée, le 21 septembre 2026 à Macenta, suivi de la commémoration officielle le 29 janvier 2027 à Guéckédou, « une date qui marque la fin des attaques rebelles avec les dernières victimes, dont notre cher père El Hadj Mamady Yombouno, comme tant d’autres de nos parents à Guéckédou ».
Des attaques meurtrières dans la région forestière
Ces attaques, qui ont débuté au début du mois de septembre 2000 par des incursions dans des localités frontalières, notamment à Massadou, près de Macenta, se sont intensifiées en novembre et décembre 2000.
Guéckédou, important centre commercial situé au carrefour des frontières avec le Liberia et la Sierra Leone, a été particulièrement touchée à partir du 6 décembre 2000. Les assaillants, composés d’éléments du RUF sierra-léonais, de forces libériennes liées à l’époque au régime de Charles Taylor et de dissidents guinéens regroupés notamment sous la bannière du RFDG, ont occupé certaines parties de la ville, provoquant de nombreux morts et blessés, ainsi que la destruction d’infrastructures, dont des bâtiments publics et le bureau du HCR.
Ces violences ont également entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes. Les combats se sont poursuivis par intermittence jusqu’en 2001, faisant des milliers de victimes au total dans la région forestière, selon diverses sources contemporaines, avec un lourd impact humanitaire sur les populations locales et les réfugiés présents dans la zone.
Un devoir de mémoire attendu depuis des années
Pendant des années, les familles des victimes ont attendu une reconnaissance formelle de cette page douloureuse de l’histoire nationale. L’annonce de cette première commémoration officielle, placée sous le signe de la mémoire et de la paix, intervient dans un contexte où les rescapés et les proches des disparus appellent à ce que le devoir de mémoire contribue à la cohésion et à la guérison collective.
Le choix de Macenta pour le lancement, le 21 septembre, et de Guéckédou pour la cérémonie principale, le 29 janvier 2027, souligne l’ancrage territorial de ces événements et la volonté d’associer les populations directement concernées.














