Le procès de l’ancien procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn, Algassimou Diallo, ne connaîtra pas son épilogue ce mardi 8 septembre 2026. La chambre de jugement de la Cour suprême, siégeant en chambres réunies, a décidé de renvoyer l’affaire au 15 octobre prochain.
Cette décision intervient alors que la juridiction devait notamment se prononcer sur la demande de renvoi formulée par la défense lors de la précédente audience. À l’ouverture des débats, une difficulté majeure s’est toutefois posée : l’accusé n’était pas présent dans la salle d’audience.
Actuellement détenu à la maison d’arrêt de Macenta, en Guinée forestière, Algassimou Diallo n’a pas été extrait de son lieu de détention pour comparaître devant la Cour suprême.
Face à cette situation, le ministère public, représenté par le procureur général El Hadji Sidy Souleymane N’Diaye, a demandé à la Cour de rendre malgré tout sa décision.
Une démarche à laquelle la défense s’est fermement opposée. Les avocats de l’ancien magistrat ont invoqué le principe de la présence de la personne poursuivie à son procès et estimé que la juridiction ne pouvait statuer en son absence.
La défense invoque le droit de comparaître
À la sortie de l’audience, Me Moussa Diallo, membre du collectif de défense, a expliqué la position de ses confrères.
Selon lui, la défense avait déjà demandé, lors de l’audience précédente, le renvoi du dossier au 15 octobre afin de disposer du temps nécessaire pour préparer la défense de leur client.
Mais l’absence d’Algassimou Diallo ce mardi a rendu, selon les avocats, impossible la poursuite normale de la procédure.
« En matière pénale, la personne poursuivie, sauf si elle est en fuite, doit être présente à toutes les audiences la concernant », a rappelé Me Moussa Diallo.
L’avocat a également contesté la possibilité pour la Cour de vider son délibéré sans la présence de l’accusé.
« Nous avons soulevé le fait qu’on ne peut pas le juger en son absence et que même le délibéré qui était attendu ne peut pas être vidé dès lors qu’il n’était pas présent », a-t-il expliqué.
Au terme des échanges, la Cour suprême a finalement décidé de reporter l’affaire au 15 octobre 2026. Ce délai doit permettre, d’une part, à la défense de poursuivre la préparation du dossier et, d’autre part, au parquet général de prendre les dispositions nécessaires afin de faire comparaître Algassimou Diallo à la prochaine audience.
Le collectif de défense s’enquiert de son état à Macenta
Le transfert de l’ancien procureur à la maison d’arrêt de Macenta avait également suscité des interrogations au sein de son collectif d’avocats.
Interrogé sur d’éventuels échanges directs avec leur client depuis son transfert, Me Moussa Diallo a indiqué qu’aucun membre du collectif n’avait, à sa connaissance, pu s’entretenir avec lui depuis la dernière audience.
Les avocats ont toutefois pris des dispositions pour vérifier sa situation. Un confrère établi en Guinée forestière a été mandaté pour se rendre à la prison civile de Macenta et s’assurer de la présence ainsi que de l’état physique de l’ancien magistrat.
« Ayant appris qu’il est à Macenta, nous sommes tombés sur un des nôtres à qui on a demandé de bien vouloir se rendre à la prison civile de Macenta, question de vérifier l’exactitude de l’information et de s’assurer de son état physique », a indiqué l’avocat.
D’après les informations rapportées au collectif, Algassimou Diallo « se porterait bien, apparemment ».
Poursuivi notamment pour des faits présumés de « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » et d’« association de malfaiteurs », l’ancien procureur de Dixinn reste donc en détention. Son procès doit reprendre le 15 octobre prochain devant la Cour suprême.
Mohamed Junior













