Le bras de fer entre l’administration parlementaire et les représentants syndicaux des travailleurs de l’Assemblée nationale se poursuit. Malgré la suspension des activités de la section syndicale, annoncée le 4 septembre par le Secrétaire général de l’institution, le bureau sortant refuse de se plier à cette décision et maintient la tenue de son scrutin de renouvellement.
Réunis face à la presse ce mardi 8 septembre 2026, les responsables de l’Union syndicale des travailleurs parlementaires, affiliée à l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), ont contesté la légalité de la mesure prise par l’administration parlementaire. Conduit par son secrétaire général, Ismaël Gassim Kalissa, le bureau sortant estime que la suspension de la section syndicale ne repose sur aucun fondement juridique valable. Il entend, en conséquence, poursuivre le processus électoral engagé et appelle les travailleurs du Parlement à prendre part au scrutin prévu ce mercredi 9 septembre au Palais du Peuple.
Des acquis mis en avant
Pour justifier sa volonté de poursuivre son action syndicale, le bureau sortant s’appuie notamment sur le bilan de son mandat.
Ismaël Gassim Kalissa rappelle plusieurs revendications portées ces dernières années en faveur de l’amélioration des conditions de vie et de travail des fonctionnaires parlementaires.
Selon lui, l’organisation syndicale s’est notamment mobilisée pour obtenir une revalorisation de 50 % des salaires ainsi que la bancarisation des rémunérations.
Le secrétaire général met également en avant la signature, en avril 2026, du statut particulier de l’administration parlementaire, qu’il présente comme l’un des principaux résultats obtenus par les travailleurs.
« Le dernier acquis que nous avons obtenu au mois d’avril 2026, c’est la signature du statut particulier de l’administration parlementaire. L’assurance maladie, les primes d’ancienneté… tout ceci est contenu dans ce statut particulier », a-t-il déclaré.
Fort de ces acquis, le bureau sortant dit vouloir solliciter à nouveau la confiance des travailleurs, avec l’appui de sa centrale syndicale, l’USTG.
Le bureau syndical dénonce une ingérence
Au cœur du désaccord figure également la question de la compétence de l’administration parlementaire dans l’organisation du processus électoral syndical.
Les responsables syndicaux affirment avoir informé l’administration, dès le 31 août dernier, de la tenue prochaine de l’élection. Ils disent donc avoir été surpris par la décision de suspension intervenue quelques jours plus tard.
Pour Ismaël Gassim Kalissa, l’administration de l’Assemblée nationale ne serait pas habilitée à intervenir dans le fonctionnement interne de la section syndicale.
« Nous ne sommes pas une fédération syndicale ni un syndicat national, nous sommes une section syndicale. Le mode d’élection et d’installation est géré par le secrétariat national chargé de la syndicalisation de la centrale d’affiliation », a-t-il expliqué.
Le responsable syndical considère ainsi que l’organisation et le renouvellement des instances relèvent des structures syndicales compétentes et non de la hiérarchie administrative de l’Assemblée nationale.
L’élection maintenue pour ce mercredi
Malgré la suspension annoncée par le Secrétaire général de l’Assemblée nationale, le bureau sortant assure que l’élection aura bel et bien lieu.
La cérémonie de renouvellement est annoncée pour ce mercredi 9 septembre 2026, à partir de 9 h 30, dans la salle du 28-Septembre du Palais du Peuple.
Les responsables syndicaux invitent leurs adhérents et l’ensemble des travailleurs concernés à participer massivement à cette échéance.
Cette confrontation entre l’administration parlementaire et les représentants syndicaux pourrait ainsi connaître un nouvel épisode dès ce mercredi, avec la tenue annoncée d’un scrutin dont la légalité et la légitimité sont désormais au cœur du différend.
MJ












