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« La santé publique ne se limite pas aux soins, elle implique aussi l’administration des structures sanitaires », Dr Djénaba Baldé, spécialiste en santé publique

Sursaut Guinée by Sursaut Guinée
16/02/2026,
in A la une, Actualités, Santé
Reading Time: 5 mins read
« La santé publique ne se limite pas aux soins, elle implique aussi l’administration des structures sanitaires », Dr Djénaba Baldé, spécialiste en santé publique
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Superviseure déléguée médicale et actrice engagée du système sanitaire en Guinée, Dre Djenaba Baldé s’impose comme une professionnelle expérimentée au service de la santé publique. Formée à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, cette spécialiste en santé publique revient sur son parcours, ses responsabilités actuelles et ses aspirations pour l’avenir du secteur sanitaire guinéen, dans une interview accordée à Laguinee.info.

Laguinee.info : Parlez-nous de votre début.

Docteure Djenaba Baldé : Effectivement, je suis issue de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry. J’ai fait la faculté de médecine à Gamal et j’ai fini en 2010. Après mes études de médecine, on a fait la synthèse clinique. Ce sont des stages obligatoires. Ça, c’est dans les services, dans les CHU. Après cela, on a pris des thèmes, parce qu’il faut soutenir. Pour avoir le diplôme d’État de docteur en médecine, il faut avoir un thème, traiter le thème et soutenir pour avoir le diplôme.

Après ce diplôme-là, j’ai pensé pour la première fois à me spécialiser en urologie, parce qu’on était seulement deux filles à avoir les plus hautes notes en neurologie lors de notre passage pour la synthèse clinique. Chose qui est un peu rare. Heureusement, nous les femmes, on s’est vraiment démarquées. Les professeurs d’alors m’ont proposé de venir me spécialiser. J’ai vraiment voulu, c’est un service que j’ai beaucoup aimé.

Mais cela a coïncidé avec quelques problèmes sociaux chez moi, parce que c’est l’année à laquelle mon père a perdu la vue à cause du glaucome. Puisque c’est quelqu’un qui m’a soutenue, qui m’a tout donné, il fallait vraiment que je lui rende l’ascenseur. Donc, au lieu de me spécialiser, je me suis dit que la spécialisation pouvait attendre. J’ai décidé de chercher d’abord du travail.

C’est à ce moment que j’ai commencé à chercher de l’emploi. Tous les appels d’offres qui se présentaient, je postulais. Heureusement, j’ai postulé à deux postes et j’ai été retenue pour les deux en même temps. Le premier, c’était au compte d’une ONG, FMG Médicale Guinée, qui avait lancé un recrutement. J’étais parmi les cinq retenus, et j’étais la seule femme. Il était même question d’aller au Bénin pour une formation financée par un projet français, la Coordination Sud française. Entre-temps aussi, j’ai eu un poste à la visite médicale, en tant que superviseure déléguée médicale. J’ai donc eu les deux postes en même temps.

Qu’est-ce qui vous a poussée à choisir le domaine de la médecine ?

La médecine, j’avoue, c’est mon grand-père. J’ai été élevée par mes grands-parents. Mon grand-père faisait partie des agents de santé formés à l’époque coloniale. À l’époque, quand on disait « agent de santé », c’était l’équivalent d’un médecin actuel.

Quand j’ai eu le brevet, c’est lui qui m’a orientée en sciences expérimentales. Au départ, j’ai voulu faire les sciences sociales, mais il m’a dit d’aller en sciences expérimentales. Comme c’est quelqu’un à qui j’obéis et que j’aime beaucoup, c’est ainsi que je me suis orientée vers la médecine, en suivant ses instructions.

Vous avez parlé de superviseure déléguée. Quel est son rôle dans ce domaine ?

Mon rôle, c’est de gérer une équipe de délégués. Je fais leurs planifications sur le terrain. Je les coache sur le terrain. Je sors avec eux et je les positionne chez les prospects. Il faut les orienter selon les produits et la gamme qu’ils ont, en connaissant la cible. C’est moi qui les oriente auprès des médecins et facilite leur visite chez les prospects.

Certains professionnels sont parfois difficiles à approcher. Il y a des médecins qui refoulent les délégués, disant qu’ils n’ont pas le temps. Il faut donc connaître leur profil pour mieux les aborder. Les nouvelles recrues, au début, ne savent pas toujours comment s’y prendre. Si on les laisse seuls sur le terrain, ils peuvent se heurter à des obstacles.

Il faut aussi les former. Je participe à leurs formations et à leurs coachings. Les laboratoires pharmaceutiques vendent des médicaments et souhaitent qu’ils soient prescrits. Lorsqu’ils recrutent un délégué, c’est pour promouvoir et vendre les produits. On fixe des objectifs mensuels. C’est à nous, délégués, d’aller sur le terrain pour trouver les prescripteurs afin d’atteindre ces objectifs.

Je suis spécialiste en santé publique. Ma vocation, c’est la santé globale et le traitement de masse. La gestion des hôpitaux fait partie de nos attributions. Quand tu es médecin en santé publique, tu dois savoir gérer un hôpital, un district sanitaire, les DPS et même des projets de santé.

Si vous étiez nommée à un poste de responsabilité, que pourriez-vous faire de plus ?

Un poste de responsabilité permettrait de travailler sur l’accès aux soins de qualité, qui est l’un des piliers du système de santé. Permettre à la communauté d’accéder à des soins de qualité est essentiel. Connaissant déjà les produits en tant que déléguée médicale, cela faciliterait davantage cet accès.

Quelles sont vos impressions par rapport à la nomination d’une femme à la tête du ministère de la Santé ?

C’est salutaire. Depuis que le ministère de la Santé existe, c’est la première fois qu’une femme est à sa tête. J’espère qu’elle relèvera les défis auxquels notre système de santé est confronté.

Si vous étiez sollicitée pour une fonction administrative au sein du ministère de la Santé, à quel poste pourriez-vous mieux servir ?

Partout où besoin sera, dans la santé publique, je pourrais servir. Que ce soit dans l’industrie sanitaire, la gestion de projets de santé, en tant que coordonnatrice, DPS ou directrice d’un hôpital.

Le président a mis l’accent sur la couverture sanitaire. Comment appréciez-vous cette réforme ?

L’article 22 de la nouvelle Constitution met l’accent sur la couverture sanitaire universelle. L’objectif est de permettre à tous les Guinéens d’accéder à des soins de qualité, sans tenir compte du coût. Beaucoup de personnes doivent payer de leur poche pour se soigner. Si rien n’est fait, certains peuvent mourir de maladies bénignes.

Des mesures comme la gratuité des césariennes sont déjà en place pour faciliter l’accès aux soins.

 Votre mot de fin ?

Je demande à tous d’accompagner les projets en cours dans le secteur de la santé, afin d’améliorer durablement l’accès aux soins.

Laguinee.info

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