Alors que l’indignation fait rage après l’expulsion de citoyens guinéens du sol allemand, les autorités guinéennes, à travers le ministre des affaires étrangères, de l’intégration africaine et des guinéens établis à l’étranger s’est entretenu en début de semaine avec le chargé d’affaires de l’ambassade de la République Fédérale d’Allemagne en Guinée, en l’absence l’ambassadrice elle-même.
En séjour donc au Fouta, Mme Irene Biotino a été entretenue par nos confrères de Mediaguinee.com sur cette question qui fait jaser depuis quelques jours.
Selon le site guinéen, la diplomate, visiblement détendue et déterminée à apporter des éclaircissements afin d’éviter toute mauvaise interprétation, a notamment répondu aux questions relatives à la validité de l’accord signé en 2018 (prorogé automatiquement si aucune partie n’émet de réserve), aux modalités d’expulsion des migrants, à leur accompagnement ainsi qu’à la coopération entre les deux pays.
Interrogée sur la prorogation de l’accord, Mme Biontino a tenu à lever toute équivoque : « C’est vrai que tous les cinq ans, il y a un moment donné où l’accord se prolonge si aucune partie ne choisit de le suspendre. Donc, à un moment donné, la Guinée n’a pas choisi de suspendre. Maintenant, nous sommes dans la prochaine phase. Mais il y a toujours la question légale et la question politique.
Si la partie guinéenne souhaite éclaircir un point ou discuter de certaines situations, notamment des cas de rapatriement qui poseraient problème, nous attendons les dossiers concrets. S’il existe effectivement des cas problématiques, il faut s’en occuper.
Je comprends que certaines personnes affirment être bien intégrées sur le marché du travail, mais parfois il s’agit d’activités non légales. D’autres évoquent la présence de leur famille alors qu’elles en sont séparées depuis longtemps. Il y a donc souvent deux versions de l’histoire.
Il est important de ne pas laisser de questions en suspens entre la Guinée et nous. Notre coopération repose sur le droit international et sur un document partagé entre les États membres de l’Union européenne et la Guinée. À ce stade, je ne vois pas de véritable problème. »
L’ambassadrice affirme suivre de près la situation et chercher à entrer en contact avec le ministère guinéen des Affaires étrangères.
« Je vais chercher à prendre contact avec le ministre des Affaires étrangères [Dr Morissanda Kouyaté] afin de voir comment trouver la meilleure solution pour tout le monde. Il ne faut pas s’inquiéter.
Vous savez, quand vous avez une maison et que quelqu’un vient vous rendre visite, vous lui ouvrez la porte. La personne est la bienvenue. Mais si des enfants d’une autre mère jouent chez vous le soir, normalement ils rentrent chez leur mère. Si un enfant ne se comporte pas bien, il faut qu’il retourne chez sa mère. C’est difficile, mais les mères doivent leur parler afin de trouver une solution », assure-t-elle, tout en insistant sur la nécessité du dialogue entre les autorités guinéennes et allemandes afin de gérer les questions migratoires dans le respect des accords bilatéraux et du droit international.
Sursautguinee avec Mediaguine














