Sur le réseau social Facebook ce mardi 5 mai, un témoignage glaçant portant sur un refus présumé de voyager opposé à un patient est devenu viral. Selon ce qu’on peut lire, il s’agirait d’un malade identifié comme Mamadou Yaya Camara, qu’une agente en service à l’aéroport aurait recalé à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré de Conakry au motif qu’il doit utiliser une civière.
Selon les accusations relayées par les proches du patient, cette agente aurait empêché l’embarquement du malade, pourtant accompagné par une ONG en partance pour le Sénégal dans le cadre d’une prise en charge sanitaire. Cette dernière est également accusée d’avoir déchiré le billet du médecin désigné par la famille pour accompagner le patient.
Joint par nos confrères du site www.guinee114.com, le Directeur Général de la Société de Gestion et d’Exploitation des Aéroports de Guinée (SOGEAG), a tenu à apporter des précisions techniques sur ce dossier. Selon Oumar Saïd Koulibaly, le transport d’un malade incapable de voyager en position assise obéit à des normes internationales strictes imposées par les compagnies aériennes.
M Koulibaly indique que le patient avait effectivement déjà accédé à bord d’un appareil de la compagnie Emirates avant que l’équipage ne constate son incapacité physique à effectuer le voyage dans un siège passager classique et rejette toute responsabilité de ses services dans pareille situation avec des précisions qu’il apporte.
« Nous ne sont pas associés à ce niveau-là, car toutes les compagnies ont des normes à respecter en termes de sécurité. Un patient peut effectivement voyager allongé en avion grâce à un transport médical aérien sur civière. Dans un vol commercial aménagé, où plusieurs sièges sont retirés pour installer une civière sécurisée. Avant le voyage, la compagnie demande obligatoirement : un certificat médical, un formulaire médical (MEDIF), et l’accord de son médecin. Le jour du départ, le malade est transporté en ambulance jusqu’à l’avion, puis installé directement sur la civière avec assistance spéciale. Pendant tout le vol, il reste couché sous surveillance d’un médecin ou d’un infirmier, avec si besoin de l’oxygène, perfusion ou médicaments. À l’arrivée, une ambulance le récupère pour le conduire à l’hôpital ou au domicile », a expliqué le Directeur Général de la SOGEAG. Cependant, il ajoute : « Mais si le médecin n’a pas signalé cela et s’il pense qu’ils peuvent prendre des places d’affaires, la compagnie ne peut pas accepter cela pour éviter d’être black-listée. »
Grave, la famille accuse l’agente dont elle ignore l’indenté, d’avoir demandé une somme de 70 millions de francs guinéens pour obtenir l’évacuation de Mamadou Yaya Camara, le patient. Sur ce point également, le Directeur Général réfute toute implication personnelle d’une employée de l’aéroport et explique que ce montant correspond en réalité aux coûts opérationnels facturés par la compagnie aérienne lorsqu’un vol commercial doit être reconfiguré pour accueillir un patient couché.
« Selon les compagnies internationales, on neutralise habituellement : 6 places minimum, jusqu’à 9 place et parfois 12 places ou 18 places sur gros porteurs. Ainsi, les places neutralisées doivent être payées y compris l’installation des kits sanitaires y afférant. C’est pourquoi la compagnie a demandé ce montant à la famille qui n’a pas pu payer. Mais c’est par ignorance qu’elle accuse les gestionnaires de l’aéroport. »
Ainsi, selon la direction de la SOGEAG, il ne s’agirait ni d’un refus arbitraire ni d’une entrave administrative, mais plutôt d’un défaut d’anticipation des procédures médicales exigées pour un transport sanitaire aérien international.
Toutes ces conditionnalités liées au voyage d’un patient incapable de voyager en position assise avaient-elles été préalablement expliquées à l’ONG et à la famille de Mamadou Yaya Camara ? La question reste posée.
Sursautguinee.info














