Une affaire impliquant un ancien responsable de l’éducation secoue actuellement la préfecture de Labé. Ibrahima Sory Bah, ex-chef de la cellule des examens à la Direction préfectorale de l’éducation (DPE), a été interpellé le mardi 19 mai 2026 par la brigade de recherche de Labé. Il est accusé d’avoir exigé le paiement de 10 000 francs guinéens à des élèves pour une opération de photographie jugée illégale.
Selon plusieurs sources concordantes, ces frais auraient été réclamés aux candidats dans le cadre des préparatifs des examens nationaux, alors qu’aucune instruction officielle du ministère de l’Enseignement pré-universitaire n’aurait autorisé une telle perception. Les premières informations indiquent que cette opération n’était « ni nécessaire, ni demandée par le département de tutelle ».
À la suite de la révélation des faits, Ibrahima Sory Bah a été immédiatement relevé de ses fonctions. Dans la foulée, une procédure judiciaire pour des faits présumés d’escroquerie a été ouverte par le parquet du tribunal de première instance de Labé. L’ancien responsable a passé sa première nuit en garde à vue dans les locaux de la brigade de recherche.
Contacté par notre rédaction, Abdoulaye Kanté, président de l’Association des parents d’élèves et amis de l’école (APEAE) préfectorale de Labé, a confirmé l’interpellation du mis en cause et apporté des précisions sur l’évolution du dossier.
« C’est effectif, nous avons appris l’interpellation de monsieur Ibrahima Sory Bah hier mardi par des agents de la gendarmerie. Vous savez, nous avons reçu des documents où le concerné a demandé aux élèves de payer 10 000 FG pour la photographie. Donc, nous sommes en train de vérifier ces documents et je tiens à préciser qu’il s’agit d’une opération illégale », a-t-il déclaré.
Depuis l’éclatement de l’affaire, l’APEAE mène des investigations dans plusieurs établissements scolaires afin d’évaluer le nombre exact d’élèves concernés ainsi que l’ampleur des montants perçus. Pour le moment, aucun chiffre officiel n’a été communiqué.
Toutefois, selon Abdoulaye Kanté, l’ancien chef de la cellule des examens aurait commencé à rembourser une partie des sommes collectées avant même son interpellation.
« Il avait quand-même entamé l’opération de remboursement du montant qu’il a reconnu. Tout de même, je vous confirme qu’il a été interpellé par la brigade de recherche et c’est là-bas qu’il a passé sa première nuit en garde à vue. Officiellement, l’APEAE n’a pas formulé de plainte contre lui », a-t-il ajouté.
Cette affaire suscite de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique à Labé, où plusieurs parents d’élèves dénoncent des pratiques qu’ils jugent contraires aux règles établies dans le système éducatif. L’enquête ouverte par les autorités judiciaires devra désormais déterminer les responsabilités et faire la lumière sur l’ensemble des fonds collectés.
Alpha Moussa pour www.sursautguinee.info














