Après « Nation enchantée » (Prix du livre guinéen 2022), le jeune écrivain -journaliste propose une réflexion universelle sur les droits des femmes. Son nouveau roman a été présenté ce 23 mai 2026 à l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC).
Dans ce contexte où ces enjeux sont au cœur des débats mondiaux, c’est notre compatriote qui élève une voix guinéenne dans cette partie de la littérature mondiale. Les droits des femmes en littérature.
Visiblement, le nouveau message d’Abdourahmane S. Diallo nécessite un dépassement de style. Le mythe et le sacré sont convoqués, mis au service une ambition réparatrice du récit autant universel que polyphonique. « Chaque année, selon les Nations unies, des centaines de millions de femmes subissent des violences physiques, psychologiques ou sexuelles. Une femme sur trois dans le monde a déjà été victime de violence.
Des milliers de féminicides sont enregistrés chaque année. Des enfants sont mariées de force.
Des femmes sont mutilées. Des corps deviennent des territoires de guerre. Et nous avons fini par lire ces chiffres comme on lit la météo. Voilà le drame. Nous nous sommes habitués à l’horreur. Alors « Héroïnes » refuse cette habitude. Le roman refuse que la souffrance humaine devienne normale », rappelle Abdourahmane Sénateur Diallo.
La cérémonie de dédicace qui s’est tenue à Institut Supérieur de l’Information et de la Communication (ISIC-Kountia), en présence de sa mère, de l’Office de Protection du Genre, de l’Enfance et des Mœurs (OPROGEM), de ses anciens professeurs, de collaborateurs, d’étudiants ainsi que de nombreux amis et proches.
Sous-titré « L’ère des sujettes est révolue », Héroïnes est présenté comme le premier roman guinéen consacré aux droits des femmes publié à Paris. L’ouvrage met en scène Hèrè-Tigui, une “créature hybride descendue du septième ciel”, incarnée dans le corps d’Alice Fournier, militante internationale du féminisme dont la mission est de restaurer les droits des femmes sur Terre.
Entre Paris et Conakry, le personnage principal organise la SEREDROF, la Semaine de Réflexion sur les Droits des Femmes, réunissant les voix de femmes venues d’une vingtaine de pays, notamment : Afghanistan, Inde, Arabie Saoudite, Colombie, États-Unis, France, Guinée, Ouganda, Thaïlande et d’autres.
À travers cette œuvre qualifiée de polyphonique, cosmogonique et féministe, l’auteur propose une réflexion universelle autour des violences faites aux femmes et de la nécessité d’une prise de conscience collective.
De quoi est née cette œuvre ? Selon Abdourahmane Sénateur Diallo : « Ce livre est né d’une brûlure, du vertige de notre époque, du spectacle tragique d’un monde qui avance technologiquement mais qui s’effondre humainement, du cri des femmes humiliées, des peuples blessés, des consciences abandonnées dans le vacarme de l’indifférence mondiale », a déclaré l’écrivain.
Et d’ajouter que « Héroïnes parle de douleur. Ce roman est surtout un acte d’espérance. Parce qu’au fond, ce livre croit encore en l’être humain, il croit encore que la littérature peut réveiller les consciences, il croit encore que les peuples peuvent se relever, il croit encore que la dignité peut revenir. Et si Hèrè-Tigui est impitoyable, c’est précisément parce qu’elle protège quelque chose de sacré : la possibilité pour l’humanité de rester humaine »
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