Après les élections législatives et communales, la Guinée entre de pleinement dans la dernière phase de la finalisation de la transition amorcée le 5 septembre 2021, suite au coup d’Etat qui a renversé le Président Alpha Condé.
Dans la conduite de la transition, une vague de reddition des comptes a été engagée avec la mise en place de la Cour de Répression des Infractions Economiques et Financières (CRIEF). Une opération qui a conduit plusieurs cadres du régime déchu en prison depuis plus de trois ans. Il s’agit entre autres de l’ancien premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, l’ancien ministre de la défense, l’ancien ministre de la défense, Mohamed Diané, et plusieurs autres.
Lors d’une interview avec nos confrères de Africaguinee, la question les concernant a été posée au premier ministre chef du gouvernement. Il s’agissait de savoir si avec ce retour à un ordre constitutionnel normal qui s’accompagne souvent d’une volonté d’apaisement national, est-ce que le chef d’État envisagerait, par exemple, des mesures de clémence ou des grâces présidentielles pour des personnes en conflit avec la loi ?
Pour Amadou Oury Bah, « l’ADN politique du président Doumbouya repose sur une volonté effrénée de bâtir une société guinéenne réconciliée, apaisée et résolument tournée vers le progrès. » Et de préciser que « les exemples ne manquent pas. Les Assises nationales, par exemple, sont nées de sa volonté personnelle de passer en revue notre passé – qui n’a pas toujours été reluisant – afin d’aller vers le pardon et la réconciliation », a-t-il rappelé.
D’autres illustrations de cette volonté du Président décrite par le premier ministre : « Le procès du massacre du 28 septembre en est un autre exemple emblématique. La volonté d’interpeller la justice a été telle qu’elle a permis de juger ces événements afin d’effacer de manière irrémédiable la culture de la violence et l’impunité chronique qui caractérisaient les gouvernances précédentes. »
Le monde des médias a fortement aussi été frappé. Et pour Bah Oury : « Pour ce qui concerne la presse, certains médias et radios ont pensé pouvoir se passer de la main tendue après ma nomination comme Premier ministre. Ils ont été suspendus. Mais récemment, des mesures de clémence ont été prises pour faciliter le redémarrage de certains d’entre eux. »
A en croire le patron du palais de Colomb, « le dirigeant qu’est Mamadi Doumbouya porte une vision en perpétuelle évolution. Il ne se fige pas dans une logique de revanche, mais s’inscrit plutôt dans une démarche progressive de réparation, de réconciliation et, si je puis dire, de rédemption, pour parvenir à une société apaisée. »
Différemment du cas des prisonniers, il y a aussi des personnalités politiques majeures qui sont en difficulté avec le régime. Il s’agit notamment des anciens Premiers ministres Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, ou encore l’ex-président Alpha Condé. Dans ce sillage, une dynamique de dialogue pourrait-elle s’établir pour faciliter leur retour en Guinée ? Demandait le journaliste.
En réponse, Amadou Oury Bah comme par une citation. « Pour faire la paix comme pour faire la guerre, il faut être deux. Lorsqu’on veut la paix, on se donne les moyens d’y parvenir, vers ce qui peut nous permettre de gagner ensemble. »
Sauf que, selon lui : « Malheureusement, certains hommes et femmes, mus par des intérêts personnels, ont perçu l’arrivée du CNRD comme une perte de pouvoir, d’attributs et de privilèges. Ils se sont jurés de tout faire pour qu’un régime issu de cette transition ne puisse pas réussir ni impacter durablement et positivement la société guinéenne. Cela provoque fatalement des chocs qui s’écartent parfois de la volonté initiale du président de la République, malgré les gages de bonne volonté qu’il a toujours exprimés. »
Cependant, indique le premier ministre, « si une prise de conscience des réalités amène chacun à accepter que la Guinée doit être notre centre d’intérêt et notre préoccupation majeure, je ne vois pas qui s’opposerait à une détente progressive. Cela permettrait une recomposition du paysage politique pour que les Guinéens, dans leur globalité et avec leurs diversités, regardent enfin dans la même direction : celle d’un pays souverain, développé, stable, et ambitieux face à la compétition géostratégique mondiale », a-t-il relaté
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