Après un tollé provoqué par une sortie ethnocentrique de de Moussa Mara sur les réseaux sociaux, le parquet Général près la Cour d’appel de Conakry est désormais saisi d’un signalement. Les initiateurs de la plainte reprochent à Moussa Mara, alias Général El Sisi, un ancien militant du RPG Arc-en-ciel et soutien de l’ancien Président Alpha Condé, d’avoir tenu des propos jugés « discriminatoire, susceptibles de porter atteinte à la cohésion nationale et le vivre ensemble » en Guinée.
Comme élément à la base du signalement, une vidéo devenue virale sur Meta, dans laquelle Moussa Mara interpelle les autorités et les exhorte à prendre des mesures « drastiques » contre une communauté spécifique, allant jusqu’à suggérer de la priver de documents administratifs.
Dans le document adressé au Parquet, les plaignants sont formels : « Ces propos nous paraissent constituer une incitation à la discrimination, à la stigmatisation et à l’exclusion d’une communauté nationale sur une base ethnique. »
Selon Malick Diallo, un des plaignants, El Sisi n’est pas à sa première. « Lorsque la crise de liquidité était devenue aiguë dans le pays, il avait déjà incité l’État à s’en prendre à certains opérateurs économiques. À l’époque, la justice n’avait pas réagi. Aujourd’hui, ses nouvelles sorties créent des tensions sur les réseaux sociaux, avec un risque réel de contagion dans nos quartiers. », a-t-il alerté.
Et de poursuivre : « Dans sa dernière vidéo, il appelle l’État à priver des citoyens guinéens de documents administratifs. Nous pensons qu’il n’y a pas de « super-citoyen ». Quiconque incite à la haine doit répondre de ses actes. »
En initiant ce signalement, les plaignants disent partir de la déclaration du 15 avril dernier, faite par le Procureur général près la Cour d’appel de Conakry. Dans sa déclaration, Fallou Doumbouya avait annoncé des mesures fermes contre les auteurs « d’injures publiques, de diffamation, de diffusion de fausses informations et de propos attentatoires à la dignité humaine. »
Partant de cette déclaration officielle, ayant d’ailleurs sa source dans la constitution guinéenne, Abdoul Malick Diallo se dit convaincu de la diligence de ce dossier par les autorités compétentes : « Nous avons confiance en l’institution judiciaire. Nous attendons l’ouverture d’une enquête et une procédure qui aboutira à des sanctions à la hauteur de la faute commise, afin de préserver la cohésion sociale. »
Il faut rappeler que Fodé Moussa Mara n’est pas un méconnu des services judiciaires de la Guinée. Il avait déjà été interpellé le 18 novembre 2023 au siège du RPG Arc-en-ciel à Conakry. Quelques semaines plus tard, le 5 décembre de la même année, il avait été placé sous mandat de dépôt. Il était poursuivi pour « participation et association de malfaiteurs », dans un dossier distinct mais lié à des accusations plus lourdes.
Fodé Moussa Mara, alias El Sissi, ancien militant du RPG Arc-en-ciel, avait recouvré sa liberté le mercredi 11 mars 2026, après plus de deux ans passés en détention à la maison centrale de Conakry. Et depuis, ce transfuge de l’ancien parti au pouvoir est devenu un fervent défenseur du Président Mamadi Doumbouya sur les réseaux sociaux.
Almamy Camara












