La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a ouvert une enquête préliminaire sur la gestion de 43 milliards de francs guinéens attribués à l’ancien Conseil national de la transition (CNT), l’organe législatif qui faisait office de Parlement durant la transition en Guinée.
Le parquet spécial près la CRIEF, dirigé par Alphonse Charles Wright, dit avoir été saisi de soupçons de détournement de deniers publics, de corruption, de blanchiment de capitaux, d’enrichissement illicite, ainsi que de faux et usage de faux, en lien avec l’utilisation de cette enveloppe.
Dans un courrier adressé à l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF), à la Direction centrale de la police judiciaire et au Secrétariat à la Présidence chargé des services spéciaux et de la lutte contre le crime organisé, le procureur spécial demande l’ouverture d’investigations sur plusieurs responsables de l’ex-CNT.
Selon ce document, les 43 milliards de francs guinéens auraient été répartis entre 40,5 milliards GNF destinés à des primes de séparation pour les conseillers nationaux du CNT et 2,5 milliards GNF versés comme prime spéciale de récompense aux travailleurs de l’administration parlementaire.
Mais le parquet estime que la gestion de ces fonds soulève de “sérieuses interrogations”. Il évoque une utilisation des ressources publiques “dans l’opacité”, notamment à travers la transmission de listes de bénéficiaires qui ne rempliraient pas les critères d’éligibilité prévus par l’article 62 du règlement intérieur du CNT.
Le courrier souligne également l’absence de justificatifs comptables jugés probants concernant les paiements effectués. Selon le parquet, les versements aux bénéficiaires n’auraient pas été établis par des pièces comptables régulières, des ordres de virement bancaire ou tout autre mode de paiement conforme à la réglementation en vigueur.
L’enquête vise notamment Aboubacar Camara, secrétaire général du CNT, ainsi que plusieurs anciens responsables administratifs de l’institution, parmi lesquels Sâa Leno, directeur des services financiers et comptables, Youssouf Fofana, directeur des normes de conformité financière, Amadou Diakité, directeur des ressources humaines, ou encore Diaraye Baldé, directrice de cabinet.
Sont également cités Aboubacar Foté Soumah, directeur des affaires juridiques, Oumar Diakhaby, directeur de la communication, Mohamed Magassouba, directeur des services informatiques, Mohamar Baldé, directeur des services législatifs, Amadou Camara, directeur du protocole, ainsi que Mohamed Lamine Keïta, directeur des relations interparlementaires et de la coopération. Le parquet pourrait citer aussi d’autres personnes “susceptibles d’être impliquées”.
Cette procédure intervient dans un contexte de contrôle renforcé de la gestion des deniers publics en Guinée, où les autorités du pays ont multiplié ces derniers mois les enquêtes pour des faits présumés de corruption et de malversations financières.
Avec Mondemedia














