Depuis quelques jours, un vaste mouvement de transfèrement des détenus de la Maison centrale de Conakry s’opère vers d’autres établissements pénitentiaires du pays. Cette campagne a suscité de nombreuses interrogations, des interprétations et même des spéculations, sans compter l’inquiétude des parents des détenus.
Lors d’une conférence de presse ce mercredi 19 août 2026, les porte-paroles de la présidence de la République et du gouvernement ont tenu à éclairer les esprits sur cette opération qu’ils disent bien préparée.
D’abord, le ministre porte-parole du Gouvernement, ministre de la modernisation de l’administration et de la fonction publique, Faya François Bourouno :
« Rappelons d’abord un fait simple : cette prison a été construite en 1933, en pleine période coloniale, pour accueillir environ 300 détenus. Cet endroit se trouve aujourd’hui au cœur du centre administratif, économique et portuaire de notre capitale. Près d’un siècle plus tard, la ville a grandi tout autour d’elle.… Je vais être précis sur cette mesure. Il ne s’agit pas de reconstruire une prison à cet emplacement. Donc, il n’y aura pas de reconstruction d’une prison à cet endroit. Il s’agit de toute autre chose : une décision d’aménagement urbain qui répond à trois exigences. L’aménagement du territoire, d’abord. Kaloum connaît aujourd’hui une transformation d’ensemble. Vous suivez tout cela avec nous : la rénovation urbaine engagée à Coronthie, la nouvelle cité de la police, la délocalisation du dépôt d’hydrocarbures et la reconquête des espaces publics. Dans cette recomposition, un établissement pénitentiaire hérité de la colonisation, implanté au milieu du centre des affaires et des institutions de la République, n’a tout simplement plus sa place. Certains ont voulu y lire autre chose. La réalité est celle d’un choix d’urbanisation modernisé, mûri et assumé au service du peuple de Guinée », a expliqué le ministre, porte-parole du gouvernement.
Face aux critiques, le ministre secrétaire général et porte-parole de la Présidence, le général Amara Camara, s’est exprimé pour rejeter toute idée d’improvisation. Il a également détaillé la feuille de route du gouvernement.
“Le transfèrement des détenus ne s’est pas décidé du jour au lendemain ; c’est le fruit d’une mûre réflexion. Nous avons trouvé un chantier qui avait débuté avant le 5 septembre : la prison de Yorokoguia. Pour ceux qui connaissent le site, tous les moyens sont mis en œuvre afin d’accélérer les travaux. L’objectif est d’améliorer les conditions d’accueil des détenus. Mais d’autres aspects entrent aussi en ligne de compte. Des aménagements sont prévus à Coronthie”, a déclaré le porte-parole de la présidence.
Selon le Général Amara Camara, tous les paramètres ont été pris en compte pour la conduite de cette opération pour meilleure poursuite des procédures : “La proximité géographique est prise en compte dans notre schéma : un prévenu devant être jugé à Mafanco ne sera pas transféré à Kankan, mais maintenu à proximité pour faciliter ses déplacements. Au-delà de la question de l’alimentation, de nombreux paramètres ont été anticipés, ce qui justifie la répartition des détenus dans les différents centres pénitentiaires”, a-t-il expliqué.
Il a été renforcé dans son argumentaire par le ministre porte-parle adjoint du Gouvernement, Moussa Moise Sylla.
« Le transfèrement des prisonniers de la Maison centrale de Coronthie vers d’autres établissements du territoire n’a pas été décidé dans la précipitation ; cette mesure a été préalablement étudiée et mûrie. Les conditions d’accueil dans les prisons concernées ont été préalablement améliorées. Contrairement à ce que nous avons pu lire dans la presse sur l’absence de ressources vitales pour les pensionnaires, il n’en est rien. Les commodités nécessaires ont bien été créées pour les recevoir dans les meilleures conditions », soutient Moussa Moise Sylla.
Daouda Mohamed














