Les récents événements survenus aux États-Unis ont laissé un goût amer à tous ceux qui portent la Guinée dans leur cœur. Voir la délégation guinéenne, exposée de la sorte sur la scène internationale est une blessure qui dépasse les appartenances politiques. *Car au-delà de l’homme, c’est l’image de toute notre nation qui a été éclaboussée*.
Nos ancêtres nous ont pourtant légué un enseignement d’une portée immense : « *Chaque foyer a son pot-pourri ; celui qui ouvre le sien laisse exhaler son odeur*. »
Ce proverbe ne nous demande pas d’ignorer nos divergences ni d’occulter nos problèmes internes. Il nous rappelle une règle élémentaire de souveraineté et de maturité : on ne lave pas son linge sale sur la place publique mondiale. En livrant nos querelles au regard des nations étrangères, nous ne résolvons rien ; nous ne faisons que donner du grain à moudre à ceux qui ne souhaitent pas le respect de notre peuple.
*Aucun pays fort ne s’est construit en humiliant ses propres figures d’autorité à l’extérieur* .Il est temps de revenir aux fondamentaux de notre culture : régler nos différends entre nous, dans la dignité de la concession familiale, et présenter un visage uni face au reste du monde.
Au-delà de l’émotion et de l’amertume, la séquence vécue aux États-Unis doit marquer un tournant dans notre conscience collective. L’image de la nation n’est pas un terrain de jeu partisan, ni une arme d’affrontement politique : elle est le patrimoine indivisible de chaque Guinéen.
Cet épisode interpelle directement chaque acteur de notre vie publique :
*Aux acteurs politiques et à la société civile* : La critique est un droit démocratique, mais l’exportation du ressentiment à l’étranger est une faute morale. Chercher à affaiblir un adversaire en humiliant l’institution qu’il incarne sur la scène internationale ne produit aucun vainqueur. *Quand la maison s’effondre sous le regard des voisins, le toit tombe sur la tête de tous ses habitants, sans distinction*.
Aux autorités et aux dirigeants : La dignité à l’extérieur se nourrit de la justice et de l’apaisement à l’intérieur. Pour fermer le « pot pourri » et étouffer ses effluves, il faut avoir le courage d’affronter les véritables problèmes du foyer : consolider le dialogue, garantir la justice et rassembler la famille guinéenne sous un toit de confiance mutuelle.
*À l’ensemble des citoyens* : L’orgueil national ne doit pas être un simple sentiment passif, mais une exigence de chaque instant. Refusons de célébrer les faiblesses de notre pays à l’étranger et réapprenons l’art d’exiger le respect du monde en commençant par nous respecter nous-mêmes.
Le message de la sagesse mandingue est clair : *il est temps d’éteindre le spectacle de nos fractures et de ramener nos débats là où ils ont toujours eu leur place au cœur du foyer national*. C’est à ce prix, et à ce prix seulement, que la Guinée retrouvera la grandeur, la souveraineté et le respect qu’elle n’aurait jamais dû perdre.
*Alpha Kabinet SIDIMÉ*, Citoyen














