Ce lundi 28 septembre marque le triste anniversaire des événements tragiques survenus en 2009 au stade du même nom. Dix-sept ans après, la FIDH, aux côtés de l’AVIPA et de leurs conseils, a animé une conférence à la Maison de la Presse de Conakry. Au cœur des échanges : l’exigence d’une justice complète pour les victimes, la tenue rapide du procès en appel et la préservation de la mémoire historique alors même que le stade rénové s’apprête à rouvrir ses portes.
Dix-sept ans après le massacre du 28 septembre 2009, la douleur reste vive pour les survivants et les familles des 156 personnes tuées. Si le jugement rendu le 31 juillet 2024 ayant requalifié les faits en crimes contre l’humanité, a constitué une avancée historique. Malgré cet état de fait, les organisations de défense des droits humains tirent tout de même la sonnette. Deux ans après ce verdict de première instance, le procès en appel des principaux condamnés n’a toujours pas été programmé.
À cela s’ajoutent les inquiétudes liées au processus d’indemnisation des parties civiles, jugé encore partiel et peu lisible.
Alors que les lenteurs judiciaires et les incertitudes entoure la prise en charge des victimes, la FIDH a exprimé ses vives préoccupations face à la restriction progressive de l’espace civique en Guinée. Dissolution de partis politiques, fermetures de médias et interdictions de manifester : pour l’organisation internationale, la démocratie ne peut prospérer sans libertés fondamentales.
Pour les conférenciers, la complémentarité entre la justice guinéenne et la Cour Pénale Internationale demeure active. La FIDH représentée par Me Alexis Deswaef et l’AVIPA réaffirment leur détermination à poursuivre le combat afin que la lutte contre l’impunité soit menée jusqu’au bout et que la dignité de toutes les victimes soit pleinement restaurée.
Autre préoccupation majeure soulevée lors de cette conférence de presse est l’opacité entourant les enquêtes sur les cas de disparitions forcées en Guinée.
Face au silence des autorités juridiques, qui se retranchent derrière le secret de l’instruction, la Fédération Internationale pour les Droits Humains (FIDH) dénonce une stratégie du muet qui installe un climat de peur au sein de la société civile. Pour l’organisation, le parquet a le devoir de communiquer pour garantir le droit à la vérité et mettre fin à ce qu’elle qualifie d’« effet de refroidissement » sur les défenseurs des droits de l’homme.
Mohamed Diallo












