L’annonce du concours de recrutement de 6 000 nouveaux enseignants à la fonction publique, ne fait pas que des heureux. Destiné principalement aux diplômés des écoles de formation agréées, notamment les ENI et l’ISSEG, ainsi qu’aux enseignants contractuels, cette annonce suscite de la frustration chez de nombreux diplômés des facultés des lettres et sciences du langage. S’estimant exclus de ce processus de recrutement, plusieurs de ces diplômés expriment leur incompréhension et leur déception.
Diplômé en lettres modernes de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia depuis 2021, Mohamed Ramadan Camara reste toujours sans emploi. L’annonce du concours de recrutement à la fonction publique représentait pour lui un nouvel espoir de sortir de cette longue période de chômage. Mais cet espoir s’est rapidement transformé en cauchemar. Après le dépôt de son dossier, il a appris, à travers un message reçu sur son téléphone, que sa candidature avait été rejetée. Le jeune diplômé dit être déçu par cette nouvelle alors qu’il a fait ses études de lettres modernes à l’université général Lansana Conté de Sonfonia:
« Quand on a postulé après un moment. On a encore entendu les murmures soit–disant que ce concours ne concerne que les étudiants sortants de l’ENI et l’ISSEG. Et pourtant, nous sommes aussi des étudiants dans les grandes universités de la Guinée surtout celle de Sonfonia où j’ai fait les lettres modernes. »
Comme Mohamed Ramadan Camara, Alhassane Soumah a lui aussi reçu une nouvelle difficile à accepter après avoir soumis sa candidature sur la plateforme d’inscription au concours. Diplômé depuis 2015 de l’université Foulaya de Kindia, il n’arrive pas à comprendre les raisons du rejet de sa candidature sur la plateforme d’inscription. Il affirme se sentir très mal à l’aise à cette nouvelle : « Je me sens triste parce que on nous a fait croire quand on fait les lettres modernes on peut enseigner. C’est pour cette raison, j’ai fait le dépôt de ma candidature et qui s’est vraiment tournée mal. Je suis choqué. »
Frustré par cette situation, Alhassane Soumah s’interroge sur l’utilité des études de lettres en Guinée, alors que les diplômés de ces filières se sentent marginalisés dans le processus de recrutement des nouveaux enseignants : « Si les lettres modernes ne font pas partie dans l’apprentissage de la profession de l’enseignant en Guinée. Ils n’ont qu’à arrêter de nous enseigner dans ces disciplines, qui n’ont aucune importance. »
Ces deux candidats malheureux affirment pourtant avoir des années d’expériences dans l’enseignement. Dix ans pour Alhassane Soumah et deux ans de plus pour Mohamed Ramadan Camara.
Mohamed Lamine Daffé pour Sursaut Guinée












