Dans les garages mécaniques, après chaque vidange de moteur, les huiles usagées sont recueillies pour être remplacées par de nouvelles. Mais que deviennent ces résidus après leur utilisation ? Dans certains garages, elles finissent directement dans le sol. Soit, elles s’infiltrent progressivement dans la terre ou elles sont entraînées par des eaux de ruissellement vers les caniveaux. Une pratique qui suscite des inquiétudes quant à ses conséquences sur l’environnement et la santé des populations. 
Dans les garages de motos ou de véhicules, au fil du temps, il arrive que le sol noircisse à force de vidanger les engins. Ces huiles noires que nous appelons huiles de vidange restent souvent des traits distinctifs des garagistes qui sont facilement reconnaissables par des tâches noires laissées sur leurs habits de travail et sur les mains. Dans son garage de moto, situé à Entag, ‘’Coyah plaque’’, Mohamed Camara, garagiste et l’ensemble des autres apprentis du métier de réparation des motos, conservent chaque jour des huiles usées retirer dans les moteurs pour les revendre à une tierce personne. Même avec cette conservation, ces huiles de vidange sont percevables à même le sol dans le garage où travaille Mohamed Camara. Là-bas, des flaques d’huile usées posées séparément à plusieurs coins du garage sont visibles et rendent le sol très noir. A côté de cette réalité, des bidons d’huiles de lubrifiants et autres déchets salissent les lieux. Trouvé en plein exercice de réparation d’une moto, Mohamed Camara a tenté d’expliquer ce à quoi les huiles de vidange peuvent servir.
« Ce que je sais des huiles de vidange, souvent quand fait la vidange, on les conserve dans un bidon pour revendre après. On a entendu que ceux qui l’achètent en font une nouvelle huile. »
Les huiles de vidange qui s’échappent des mains des garagistes se retrouvent au sol et s’infiltrent dans la terre. Rencontré pour savoir si cela n’a pas d’impact environnemental, Algassimou Diallo, le président de l’ONG Guinée verte à tout d’abord expliqué ce que sait qu’une huile de vidange :
« D‘abord les huiles de vidange, ce sont les huiles qui sont usées. C’est des huiles qui ont été utilisées dans les engins. Tels que : les gros porteurs, les véhicules légers ou des motocyclistes. Tous ces engins ont besoin de huiles pour bien rouler. Ces huiles après utilisation deviennent usées. Avec ça on a plus besoin d’elles pour les mettre à nouveau dans le moteur des engins. Quand on se débarrasse de ces huiles, les gens ne savent pas où les déverser ? Ils les déversent dans la nature. »
Déverser les huiles de vidange dans la nature paraît pour le protecteur de l’environnement comme une dégradation de l’environnement ayant des plusieurs conséquences tant pour la nature que pour les êtres vivants :
« Ces huiles de vidange ont des conséquences sur le sol même où elles sont déversées. Un litre d’huile versé sur le sol pollue mille mètres carrés. L’ensemble de ces parties du sol touchées par l’huile peut rester stérile pendant dix ans sans être fertile pour l’agriculture », prévient l’environnementaliste.
Les huiles de vidange provoquent aussi des conséquences sur les eaux buvables. Si ces huiles attaquent l’eau du sous-sol, un litre de pollution égal à une pollution d’un million de litres soit pour la consommation d’une famille pendant un an. On consomme des eaux de forage sans se poser la question si dans notre environnement, il n’y a pas de garages où les huiles de vidange sont déversées tous les jours. Car elles rendent l’eau impropre à la consommation pendant dix ans.
Algassimou Diallo, président de l’ONG Guinée verte dit ne pas, par ailleurs considérer les huiles de vidange comme de simples déchets à abandonner. Une collecte organisée et un traitement approprié permettent de limiter les risques de pollution et, dans certains cas, de favoriser leur valorisation.
Mohamed Lamine Daffé pour Sursautguinee












