Le 27 février 2025, a marqué l’an un de l’arrivée d’Amadou Oury Bah au palais de Colomb comme troisième premier ministre de la transition conduite par le CNRD, à sa tête, l’ancien commandant du Groupement des Forces Spéciales, aujourd’hui général Mamadi Doumbouya.
Contrairement à ses prédécesseurs, Mohamed Beavogui et Bernard Goumou venus des entités non politiques, Bah Oury a parcours politiquement reconnu. Activiste de défense des droits humains et vétérans d’une classe politique presqu’en disparition, son arrivée à la primature avait suscité grand espoir de voir ses domaines de prédilection impacter le cours de la transition, comme dans le cadre du respect des droits humains et le renforcement du cadre de dialogue socio-politique qui devait être le gardien du respect du calendrier dont le deadline était annoncé pour le 31 décembre 2024. Hélas, tous ces espoirs n’auront été que désillusion et déception pour ses pairs de la classe politique mais aussi pour celle sociale.
C’est sous Amadou Oury Bah que les médias les plus suivis ont été fermés avec la mise en chômage de plus de mille employés, mettant en péril, des milliards d’investissement. C’est encore sous la primature d’un membre fondateur de l’OGDH, que des acteurs sociaux, Oumar Sylla ‘’Foniké Mènguè’’, Billo Bah du FNDC, Habib Marouane Camara, Journaliste, Saidou Nimagan, fonctionnaire, ont été enlevés par des individus décrits comme des hommes en uniforme, encagoulés pour des destinations jusque-là inconnues. Aliou Bah, politicien, a été, pour ses opinions, ses appréciations sur la conduite de la transition, interpellé sans aucune convocation préalable, à la frontière Guinéo-sierra léonaise, alors qu’il disait se rendre dans ce pays voisin pour raisons sociales.
Aura-t-il été plus chanceux que les autres ? D’aucuns le dirons. C’est encore sous la primature d’un défenseur des droits de l’homme (d’autre diront là aussi que c’est un ancien titre, une ancienne ambition qui n’est plus d’actualité chez l’homme), que le coordinateur du forum des forces sociales de Guinée a été enlevé, toujours par des hommes armés en tenue militaire.
Si Abdoul Sacko a eu la drôle de chance d’être retrouvé vivant pas sain, son kidnapping aura été aussi spectaculaire qu’inquiétant. Après avoir tenté de défoncer la porte en vain, ses ravisseurs, visiblement formés à toute épreuves, ont pris l’option de perforer le toit pour s’introduire dans sa demeure. Violenté, ligoté, même sa vieille maman n’échappera pas aux coups. C’est dans ce contexte de violences des plus inouïes que cet acteur pourtant pacifique a été retrouvé agonisant à près de 100 Km de Conakry, près d’un camp militaire, non loin de la ville de Forécariah.
Il est découvert par des paysans, qui, par humanisme, sans le connaitre, lui ont apporté leur aide en le transportant au village pour lui administrer des premiers pour sauver sa vie. Enlevé chez lui, torturé ensuite par ses ravisseurs qui courent encore dans la nature, Abdoul Sacko sera laissé pour mort, en pleine brousse.
Si avant lui, le CNRD, tombeur d’Alpha Condé, qui avait pris l’engagement avec la CEDEAO de rendre le pouvoir aux civils en décembre 2024 en organisant toutes les élections, hésitait de dire que ce délai n’était plus tenable, c’est Amadou Oury Bah, premier ministre qui lèvera ce doute. A peine arrivé, le nouveau chef du gouvernement le dira haut et fort et à qui veut l’entendre, que « c’était utopique que penser que la transition en cours pouvait prendre fin en fin 2024 ». A la suite de Bah Oury, plus d’hésitation, les discours sont limés et adaptés à la nouvelle donne, pas d’élections en 2024, et ça a bien marché. Il n’y en a pas eu. Qui l’eut cru ?
Aujourd’hui, plus aucun doute, même en 2025, rien ne rassure de la tenue d’élections en Guinée.
Pour le bilan, du regard de l’Union des Forces Républicaines de Sidya Touré, « Nous avons suivi son parcours depuis sa nomination. Mais globalement, c’est un bilan globalement négatif. Bah Oury que je connais, est un politicien qui a combattu au sein des forces vives de Guinée. Il a été un acteur principal dans cette lutte pour la démocratie », a rappelé Alya Kolon Bangoura.
Au PEDN de Lansana Kouyaté, on dit ceci. « Il importe de rappeler que les attentes principales étaient axées sur la consolidation du dispositif du dialogue et le respect du chronogramme pour lequel il s’est tant battu avant sa nomination. Le résultat est visible et il suffit de se poser la question de savoir si la dynamique de dialogue a été consolidée et si le chronogramme a été respecté. Les réponses se passent de commentaires », affirme Mohamed Cissé.
Focus Sursautguinee














