L’étude récemment publiée par le Timbuktu Institute sur le programme Simandou soulève de sérieuses et légitimes interrogations sur les visées intimes d’une telle initiative. En insistant quasi exclusivement sur les fragilités et les risques de cette architecture complexe qu’est Simandou, elle renforce malheureusement le sentiment complotiste chez nombre d’Africains, qui y voient une tentative obstinée de délégitimer et de tirer vers le bas nos efforts de quête d’émergence, à l’image de Simandou, l’un des projets les plus ambitieux du continent.
Cette perception est d’autant plus sensible que l’étude s’inscrit dans le cadre du programme FOWARD, financé par une panoplie de bailleurs internationaux tels que l’UNDP, Enabel, Google et plusieurs États partenaires.
En orientant leur analyse vers une lecture centrée uniquement sur la fragilité, au détriment de la valorisation des forces stratégiques, les auteurs affirment vouloir promouvoir la résilience démocratique et la prévention des crises. C’est précisément à ce niveau que l’étude révèle son biais et ses limites.
Comment comprendre qu’une structure de ce niveau puisse délibérément orienter son regard quasi exclusivement sur les vulnérabilités d’un programme de développement national réputé pour être l’un des plus ambitieux en Afrique ces vingt dernières années ?
Un programme structurant de la taille de Simandou ne peut être réduit sous l’angle strict de ses risques.
L’étude a péché par son incapacité à mettre en avant les atouts structurants et à valoriser les leviers de transformation qui constituent le cœur battant de Simandou.
Simandou n’est pas seulement un projet minier : c’est un programme de développement intégré qui combine exploitation minière, infrastructures et transformation territoriale.
Il incarne une vision intégrée avec des corridors ferroviaires et portuaires, des zones industrielles et une interconnexion régionale. Ses effets multiplicateurs sont considérables : création de milliers d’emplois, formation des jeunes, dynamisation des PME locales, transformation des territoires et réduction des disparités régionales par l’émergence de nouveaux pôles économiques.
Simandou est aussi un outil de souveraineté économique, valorisant les ressources locales et offrant à la Guinée une autonomie budgétaire accrue, réinvestie dans l’éducation, la santé et l’agriculture.
Une posture trop pessimiste fait courir au programme Simandou le risque de fragiliser la mobilisation collective et de réduire une initiative structurante à un simple projet minier exposé aux vulnérabilités.
Pour être crédible, FOWARD aurait dû conjuguer vigilance critique et reconnaissance des atouts stratégiques, afin de ne pas alimenter le sentiment de défiance.
Simandou est un programme de transformation nationale et régionale, un vecteur de souveraineté, de modernité et d’espérance collective.
Les études critiques, pour être pertinentes et crédibles , doivent pointer ,c’est vrai, les fragilités mais aussi valoriser les forces stratégiques qui font de ce programme l’un des mieux conçus au monde.
Un débat public crédible et responsable ne peut se limiter au pessimisme : il doit conjuguer lucidité et confiance, vigilance et ambition.
C’est à cette condition que Simandou sera perçu non pas comme un projet à risque, mais comme une opportunité historique pour la Guinée et l’Afrique de l’Ouest de se relever et de se développer durablement.
Etienne SOROPOGUI












