Contrairement à l’ancien premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, absent à ses audiences pour cause de maladie, nous apprend-t-on, l’ancien ministre de la défense tous deux sous Alpha Condé, Mohamed Diané était de nouveau à la barre ce jeudi 22 janvier devant la chambre des appels de la Cour de Répression des Infractions Economiques et Financières (CRIEF).
Condamné en première instance à cinq ans de prison ferme, Dr Mohamed Diané qui est poursuivi pour détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux, continue de contester sa condamnation initiale.
Pour ses avocats, le premier verdict est émaillé d’irrégularités, et leur client n’a pas bénéficié d’un procès juste. Ils invoquent notamment, le silence du prévenu et le boycott des audiences lors de la première instance. La défense exige désormais la comparution de l’intendant général des forces armées à l’époque des faits, pour faire toute la lumière sur la gestion des fonds.
Quant à l’Agent judiciaire de l’État, il s’arcboute sur son appel partiel qui visent à obtenir la confiscation d’une parcelle située à Conakry, immatriculée au nom de l’épouse du ministre, que le premier juge avait écartée de la saisie. Le procureur spécial, quant à lui, s’est dit satisfait de la peine de prison mais a formulé un appel incident pour sécuriser juridiquement cette condamnation.
Jusque-là, l’ancien bras fort d’Alpha Condé maintient sa ligne de défense : « On ne m’a présenté aucun rapport d’inspection. Les intendants gèrent les budgets, je n’en suis que l’ordonnateur », s’est-il défendu.
Si Dr Mohamed Diané nie toute possession de bien immobilier à Conakry en soutenant : « … Tout ce que j’ai réalisé se trouve à Kankan… »
L’autre terrain de défense soutenu par Dr Diané, c’est la volonté de ses accusateurs de tuer son ambition politique : « J’ai été arrêté pour des raisons politiques, afin de me disqualifier de la scène politique », a-t-il accusé.
Par ailleurs, il a assuré que ses deux comptes (Ecobank et Société Générale) ne servaient qu’à percevoir son salaire et ses primes officielles.
C’est au terme de cette phase des interrogatoires, que la Cour a décidé du renvoi de l’affaire au 29 janvier 2026 pour les réquisitions du parquet et les plaidoiries finales des avocats.
Moussa SIDIBE














