Maintenu dans ses fonctions, Amadou Oury Bah a été nommé Premier Ministre, Chef du Gouvernement, premier Premier Ministre de la 5ème République par le Président de la République Mamadi Doumbouya. Environ 24h après ce renouvellement de confiance, le patron du palais de la Colomb sera réinstallé dans son fauteuil ce mercredi.
L’information a été confirmée par la Primature. Cette réinstallation s’inscrit dans la continuité de la gouvernance engagée dans la procédure de finalisation de la transition.
De nouveaux défis pour Amadou OURY Bah qui dit mesurer les enjeux de ce renouvellement de confiance, surtout avec les dispositions de la nouvelle constitution rapportées par nos confrères de Africaguinee.com
Des articles 80 à 86, la Loi fondamentale trace les lignes rouges et les grandes missions de la Primature. Décryptage des défis qui attendent le chef du gouvernement.
L’article 80 ne laisse aucune place au hasard. Pour diriger le gouvernement, la Constitution exige bien plus qu’une loyauté politique : elle requiert une « haute qualification » dans des domaines clés (économie, droit, sciences, social) doublée d’une « intégrité reconnue ».
Le Premier ministre doit être un technicien au fait des réalités socioculturelles du pays. C’est sur cette base que le Président de la République nomme — et peut révoquer — son chef de gouvernement.
Transparence et redevabilité
La Vᵉ République impose un devoir de transparence immédiat. Selon l’article 82, Amadou Oury Bah est soumis à deux obligations majeures :
- La déclaration de patrimoine : Dans les 10 jours suivant sa prise de fonction (et à la fin de celle-ci), il doit déposer une déclaration écrite de ses biens à la Cour constitutionnelle.
- Le Grand Oral : Il dispose de 60 jours pour présenter son Discours de Politique Générale devant le Parlement réuni en Conseil de la Nation. Un exercice solennel suivi de débats, sans vote, pour exposer sa vision.
Chef de l’Administration
Si le Président trace le cap, le Premier ministre est le moteur de la machine administrative. L’article 81 le désigne comme le chef d’orchestre qui « impulse, dirige et coordonne » l’action gouvernementale.
Plus concrètement, l’article 83 fait de lui le garant de l’exécution des lois et des décisions de justice. Il dispose d’un pouvoir réglementaire (par voie d’arrêtés), bien que celui-ci reste subordonné au pouvoir de décret du Président (article 64).
Fini l’arbitraire dans l’accès aux responsabilités ? C’est le vœu de l’article 84. Le Premier ministre nomme aux emplois civils selon des critères stricts définis par la loi organique : probité, compétence, inclusion et représentation territoriale. L’objectif est de bâtir une administration efficace et représentative.
Un gouvernement miroir de la diversité nationale
Dans la formation de son équipe, Amadou Oury Bah a un rôle de proposition (article 85). Si le Président garde le dernier mot sur la nomination des ministres, la Constitution impose que la composition du gouvernement reflète la « diversité nationale ». De plus, le chef de l’État doit désormais consulter le Premier ministre avant de mettre fin aux fonctions d’un ministre, renforçant ainsi l’autorité politique du chef du gouvernement.
Le gardien de la bonne gouvernance
Enfin, l’article 86 confie au Premier ministre une mission transversale cruciale : être le garant de la bonne gouvernance. Il lui revient d’assurer la cohérence entre l’administration centrale (à Conakry) et les administrations déconcentrées et décentralisées (à l’intérieur du pays).
En clair, Amadou Oury Bah n’est pas seulement reconduit dans une fonction ; il est investi d’une mission de refondation administrative et éthique, balisée par les exigences strictes de la nouvelle République.
Sursautguinee.info














