L’explosion du dépôt d’hydrocarbures de Kaloum en décembre 2023, a été un des éléments qui ont permis de se rendre à l’évidence de la fragilité des infrastructures stratégiques de Conakry. Au-delà du drame humain, cet événement a mis en lumière une réalité inquiétante : le Port Autonome de Conakry, poumon économique du pays, n’était pas suffisamment préparé à faire face à une crise majeure.
« « On a beaucoup échangé depuis qu’il y a eu l’explosion du dépôt chez nous, l’évènement malheureux, vous vous souviendrez. L’appui qu’ils nous ont donné a renforcé la capacité chez nous dans la gestion de crise. Parce que durant cet évènement malheureux qui est arrivé en Guinée, on a quand même réalisé qu’on était très exposé en termes de formation, de compréhension et de gestion de crise. Donc, quand le cas a été soulevé à plusieurs reprises, l’Union européenne est venue au-devant pour nous proposer des assistances de formation. Donc c’est plus cela : on a développé beaucoup de manuels de gestion de crise, on a eu un plan de gestion, on a fait la cartographie des incidents qui peuvent surgir dans l’enceinte du port et mis des mesures sur place, comment remédier ou réagir à ces incidences », a-t-il expliqué.
Face à cette urgence, l’Union européenne a mobilisé le projet Enhanced Maritime Action in the Gulf of Guinea (EnMAR), mis en œuvre par Expertise France, pour appuyer la Guinée dans la mise en place d’un dispositif moderne de gestion de crise portuaire qui réponde au standard international.
Anne-Catherine Claude, cheffe d’équipe régionale de l’Instrument de politique étrangère (FPI) à la délégation de l’UE au Sénégal, a expliqué la portée de cette visite : 
« L’objectif de notre visite aujourd’hui, c’était de rencontrer les autorités du port, à commencer par le DG et son équipe, pour voir ce qui a été mis en place dans le cadre du soutien de l’Union européenne à la gestion de crise au port de Conakry, à travers un projet qui s’appelle EnMAR, qui vise à renforcer les capacités portuaires des ports d’Afrique de l’Ouest. Donc, pour nous, nous sommes en mission à Conakry et c’était vraiment l’occasion d’échanger avec le DG et son équipe sur ce qui a été fait, les résultats atteints et aussi de voir les perspectives de collaboration future », a-t-elle souligné.
C’est dans cette dynamique que depuis décembre 2024, les équipes d’Expertise France accompagnent l’autorité portuaire guinéenne dans une réforme profonde du système de sécurité : cartographie complète des risques, élaboration d’un plan de gestion de crise adapté au contexte local et formation intensive des acteurs clés — direction, services de sécurité et concessionnaires.
Aujourd’hui, le Port Autonome de Conakry dispose de procédures claires, d’équipes opérationnelles et d’une coordination renforcée entre acteurs publics et privés. La capacité de réaction s’améliore, tout comme la protection des personnes et des infrastructures critiques. Un tournant stratégique pour la sécurisation du principal hub maritime du pays.
« Dans le cadre de l’appui que nous avons pu faire grâce à l’expertise avec Expertise France, la mise en place de manuels de procédures sur la gestion de crise, la cartographie des risques et de montrer aussi la présence de l’Union européenne aux côtés des autorités guinéennes pour des infrastructures stratégiques telles que le port, on sait aujourd’hui que la sécurité et la sûreté des ports sont des points très importants aussi, vecteurs de développement économique et d’échanges commerciaux dans la sous-région », a-t-elle indiqué
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