Située à 249 Km de la capitale guinéenne Conakry, la préfecture de Télimélé se compte de nos jours, parmi les villes les plus isolées du pays, manquant presque de tout.
Pour y aller, vous avez le choix entre deux calvaires, pires l’un que l’autre. Soit, vous empruntez la route Conakry-Kindia pour arriver à Télimélé, soit vous partez de Conakry-Dubréka-Fria, pour y arriver avec toutes les côtes ramollies. Les routes, sur les deux voies, sont quasi impraticables. Des villages coupés les uns des autres par des effets climatiques qui ont fait disparaitre presque tous les ouvrages de franchissement (ponts), par le fait notamment des barrages de Kaleta et Souapiti.
Aujourd’hui, la ville de Télimélé compte cinq (5) stations-services dont le service évolue en dent de scie. Depuis quelques jours, le carburant est encore devenu une denrée très rare et les prix varient selon le client et l’humeur du vendeur sur le marché noir. « Le litre se négocie entre 25 et 30 000 FG, si tu en trouves d’ailleurs ! », nous a confié une source locale.
Dans la fièvre de la fête de Tabaski, plusieurs ressortissants de la localité, comme c’est le cas depuis plusieurs années, ont accouru pour fêter auprès des leurs. Fort malheureusement, la plupart se trouve aujourd’hui coincée, faute de carburant. « La fête est finie, nous ne pouvons pas rentrer. Certains sont venus de Conakry, d’autres, des quatre coins du pays, il y a même des ressortissants vivant à l’extérieur, qui sont venus uniquement pour la fête, ils ne peuvent pas retourner, par manque de carburant dans la ville », se lamente un autre fêtard.
Pas d’eau, pas d’électricité
Télimélé est actuellement en cours de raccordement direct au réseau électrique national via la ligne Kaléta-Souapiti, nous apprend-on. Bien que la préfecture abrite ces grands barrages hydroélectriques, son électrification locale a longtemps été limitée. Cependant, les transformateurs sont arrivés en ville, amorçant la desserte du centre-ville, mais toujours les populations broient le noir.
« Nous nous demandons bien à sert d’avoir les gros barrages Kaléta et Souapiti dans sa préfecture et manquer de courant. Nous souffrons énormément à Télimélé à cause du manque d’électricité », s’est confié M Bah, parti à Télimélé pour la fête.
Des difficultés pourtant portées à la connaissance des plus hautes autorités mais qui peinent à trouver solution.
En séjour pourtant en avril 2025 à Télimélé, le premier ministre Amadou Oury Bah a été directement interpellé par les autorités locales sur les défis qui freineraient le développement de la préfecture. Au nombre doléances posées ce jour-là, figuraient « la construction de routes, l’accès à l’électricité et l’amélioration de la desserte en eau potable. »
David














