Qui ou qu’est ce qui freine l’exécution de travaux de réhabilitation du tronçon Kalahou-Guéckedou centre, long de 18 km et en cours depuis 2018 ? La question se pose désormais en milieu judiciaire et donne une lueur d’espoir aux usagers ainsi qu’aux populations de cette zone fortement commerciale et agricole martyrisée par la guerre civile et des épidémies d’Ebola et de Covid19.
Le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Guéckédou, Patrice Koma Koïvogui a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire sur les retards constatés dans l’exécution des travaux routiers réalisés dans la préfecture par la société GUICOPRES SA.
Le magistrat instruit le commandant de la Brigade de recherches de Guéckédou, à travers une note en date du 30 juillet 2026, d’ouvrir les enquêtes afin d’en savoir sur les réels motifs des retards qui suscitent, depuis plusieurs années, des interrogations au sein des populations.
Selon les instructions du Procureur de la République près le Tribunal de première instance l’enquête devra établir les causes réelles de ces retards, identifier les éventuelles responsabilités de toutes les personnes physiques ou morales impliquées, y compris celles de GUICOPRES SA, de ses représentants, des services techniques de contrôle et de tout autre intervenant.
Le parquet demande notamment aux enquêteurs d’examiner les contrats et documents financiers du marché, de vérifier le niveau réel d’exécution des travaux par rapport aux délais contractuels et aux paiements effectués, d’entendre les différents responsables impliqués et de rechercher d’éventuelles infractions telles que « le détournement de deniers publics, la corruption, le favoritisme, la concussion, les faux et usage de faux ou encore l’escroquerie. »
Selon nos confrères de Guineenews, les directeurs préfectoraux des Travaux publics et des Mines (le second, directeur des travaux publics à l’époque des faits) devront également être entendus et mettre à la disposition des enquêteurs tous « les documents techniques et administratifs utiles à la manifestation de la vérité ».
Le procureur exige enfin qu’un rapport circonstancié, accompagné des procès-verbaux et des pièces justificatives, lui soit transmis dans un délai de quatorze jours afin de permettre les suites judiciaires éventuelles.
Il faut rappeler que c’est en décembre 2018, que le chantier de la route Gueckédou-Kissidougou, précisément, le tronçon Kalahou-Gueckédou, long de 18 kilomètres a été lancé sans en réalité avancer. En octobre 2025, les travaux ont été confiés à l’entreprise GUICOPRES SA, mais l’espoir a aussi interrompu avec l’arrêt sans explications claires aux populations.
Aujourd’hui, traverser ce tronçon est un véritable parcours de combattant, avec tout l’impact économique sur les usagers.
Une première à Guéckedou, qui pourrait peut-être inspirer dans d’autres localités où les travaux de réalisation des infrastructures sont engagés en pompe et jetés aux oubliettes pendant des décennies.
Sursautguinee.info














