Alors que les huissiers observent depuis jeudi, une grève illimitée pour protester contre l’incarcération de deux des leurs, président en exercice de la chambre nationale des huissiers de Guinée, Maître Aboubacar Camara, est à son tour convoqué devant la CRIEF, le 14 octobre prochain. Poursuivi notamment pour corruption et abus de confiance, il comparaîtra, lui, en liberté. Explications avec Mohamed Junior Diallo.
C’est une profession sous haute tension et désormais en arrêt de travail total. Depuis ce jeudi, les huissiers de justice de Guinée observent une grève illimitée pour dénoncer le placement en détention de deux de leurs confrères, Maîtres Sory Daouda Camara et Mandjou Sangaré, poursuivis par le parquet spécial.
Mais la tempête judiciaire ne s’arrête pas là. Au rôle de la CRIEF pour la journée du 14 octobre, un autre nom de premier plan apparaît : celui de Maître Aboubacar Camara, actuel président de la Chambre nationale des huissiers de Guinée.
Accusé aux côtés de Maître Alhassane Bah, il fait face à une batterie d’infractions particulièrement lourdes : corruption, concussion, faux et usage de faux en bande organisée, ou encore entrave au bon fonctionnement de la justice.
Au cœur de la procédure : une plainte déposée par le gérant de la société Guinean Power Multi-Services , Kabinet Diané, dans le cadre d’un litige commercial qui l’oppose à l’usine Syli-Ciment. L’homme d’affaires accuse l’officier ministériel d’avoir opéré des saisies conservatoires dans la plus totale opacité, sans notification officielle, suggérant des complicités au sein du milieu judiciaire.
Seule nuance de taille avec l’affaire de ses confrères incarcérés : Maîtres Aboubacar Camara et Alhassane Bah se présenteront, en prévenus libres à l’audience. Reste à savoir si, dans un contexte de paralysie des activités judiciaires, le procès du 14 octobre pourra sereinement s’ouvrir devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières. 
Mohamed













