Comme le dit un adage malinké, ‘’ Ba kôrôni ti siaman, la ban ye kènèma sii le di’’ / « La chèvre à plusieurs propriétaires finit souvent par dormir dehors »
Cette sagesse semble être le cas avec la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD), mouvement qui a porté la candidature indépendante du Général Mamadi Doumbouya à la présidentielle du 28 décembre 2025.
Après l’étape de la présidentielle qui n’offre qu’une seule place, déjà prise d’ailleurs, la bataille s’ouvre désormais pour les législatives, communales, sénatoriales entre autres. Comme si le président Mamadi avait vu venir une sorte de guerre fratricide dans son propre camp, il a pris le soin de confier la mission d’organisation de la GMD au premier ministre Amadou Oury Bah. Ce Mohican de l’autre classe politique guinéenne, semblait pourtant bien amorcer les consultations et directives pour les prochaines échéances électorales.
Pour commencer, Amadou Oury Bah a prôné l’unicité et la mort de multitudes de mouvements de soutien et partis alliés pour une fusion dans la GMD Bâtir Ensemble. Alors cette demande commençait à porter fruits, puisque les fusions fusaient partout, cette dynamique s’est montrée menaçante pour certains. Pour donc prendre le taureau par les cornes. Et comme le disent encore les malinkés ‘’N’nyana ko kana kè nkô ko di’’/ « Que ma présence ne prévale pas mon absence ».
Avant même la fixation de la date des scrutins législatifs et communaux, les tractations de positionnement ont déjà commencé dans les circonscriptions. On l’appelle ça ‘’composition du bureau communal GMD’’ ou ‘’liste au non du mouvement qui a conduit Mamadi Doumbouya à la présidence le 28 décembre 2025’’.
La tension est montée d’un cran ce samedi 21 février, à Touguiwondy, dans la commune de Matam. Le collectif des mouvements de soutien de la Génération pour la Modernisation et le développement (GMD) et des leaders de la commune dénoncent l’élaboration d’une liste au nom du mouvement qui a conduit Mamadi Doumbouya, à la Présidence de la République le 28 décembre 2025.
Informé dans la foulée, le directoire conduit par Amadou Oury Bah avait mis en garde en ces termes : « La coordination Nationale de la GMD constate que des installations de bureaux en son nom se font dans différentes localités…. La coordination informe ses membres et sympathisants qu’aucune instruction n’a été donnée dans ce sens. Par conséquent, toutes ces installations de bureaux ou représentations sont nulles et non avenues », disait le communiqué.
Malheureusement, ce communiqué semble inaudible, puisque la bataille continue à travers le pays.
A Matam, on accuse le PDS Badra Koné
Ce samedi, un groupe de jeunes se réclamant de la GMD et disant avoir efficacement lutté dénonce une manœuvre de Badra Koné à Matam. Ils accusent le Président de la Délégation Spéciale d’avoir élaboré, sans concertation, une liste pour les futures échéances électorales.
Dans une déclaration lue à la maison des jeunes de Touguiwondy, le collectif indique que la mise en place de cette liste se serait déroulée dans l’opacité la plus totale.
« C’est avec une profonde stupéfaction que nous avons pris connaissance de l’élaboration d’une liste composant le Bureau Communal de GMD à Matam. Un processus mené dans l’opacité la plus totale et en marge de toute consultation légitime. A cet égard, nous tenons à dénoncer avec fermeté la méthode non transparente et exclusive ayant présidé à l’établissement de cette liste. Celle-ci, élaborée sans aucune concertation avec les forces vives, ne reflète en aucun cas
l’esprit d’inclusion et de démocratie interne que porte la GMD.
Ni les principales structures militantes, ni les grands leaders qui ont défendu le parti, corps et âme, n’ont été associés à ce processus, pourtant essentiel à la cohésion et la représentativité de notre parti », a dit le porte-parole du collectif.
Face à cette situation, le collectif exige l’annulation de la prétendue liste et appelle les acteurs concernés à se réunir sous l’égide du Directoire communal de la GMD.
Sur sa page Facebook, Badra Koné a écrit ceci : « Dans la gestion publique, l’émotion ne remplace pas la compétence… Le débat est sain, mais il exige connaissance et responsabilité. Ceux qui maîtrisent les règles construisent. Les autres commentent. »
A Tougué, c’est Abdourahmane Baldé qui dénonce des désignations en catimini et promet d’y faire barrage 
Loin de Tougué, c’est à Conakry que les tractations se jouent avec les fils et filles ressortissants de la localité. Pour ce jeune directeur qui réclame s’être battu pour la victoire du Président, c’est un « semblant de soutien que nous sommes en train de voir. Des individus qui s’organisent en catimini au nom de Tougué, qui se réunissent à la résidence de notre patriarche pour désacraliser l’autorité patriarcale. Comme vous le savez, le patriarche incarne une autorité morale qui doit répondre aux besoins de l’ensemble des fils et filles de notre localité. Mais aujourd’hui, à notre grande surprise, la résidence d’Elhadj Boubacar Diallo à Nongo s’est transformée en un siège de frères et sœurs qui veulent monopoliser la désignation des membres fondateurs de la GMD à Tougué », s’indigne Abdourahamane Baldé.
Ce qu’il dénonce avec force, c’est aussi l’implication des liens familiaux et des copinages dans un combat politique. « Aujourd’hui, ils se sont réunis entre amis pour désigner deux jeunes femmes comme représentantes du district de Konah 1, dans la sous-préfecture de Konah : deux jeunes femmes issues de la même mère, les filles de notre patriarche. Ensuite, deux autres frères de Koura, plus un Oustaz d’un district où nous n’avons même pas gagné. Lui-même était membre du directoire de campagne et nous avons perdu dans sa localité. Et ce sont eux qui sont désignés contre l’ensemble des électeurs et membres de la GMD de Tounkourouma, Hamdallaye, Bourouwal, Parawi et Parawol, sans oublier Konah 1 et Konah 2 », dénonce-t-il avec regret.
Matam et Tougué ne sont que deux petits exemples sur mille. Dans les jours à venir, d’autres circonscriptions nous donneront de leurs nouvelles.
Reste à savoir, si le Directoire de la Génération pour la Modernité et le Développement Bâtir Ensemble, a l’étoffe pour contenir tous ce qui pointe à l’horizon et mettre de l’ordre.
Attendons de voir !
Daouda Mohamed Camara














