L’affaire des frais de photographie imposés aux élèves continue de susciter une vive indignation dans la préfecture de Labé. L’Association des Parents d’Élèves et Amis de l’École (APEAE) a officiellement demandé la restitution intégrale des sommes perçues auprès des familles, dénonçant un prélèvement illégal ayant lourdement affecté les parents d’élèves.
Après plusieurs réunions et concertations entre les responsables éducatifs et les représentants des parents, la coordination préfectorale de l’APEAE affirme avoir obtenu un premier engagement concernant le remboursement des fonds collectés. Selon le président préfectoral de l’association, Alpha Oumar Moromi Diallo, des instructions ont été données aux différents responsables impliqués dans cette affaire.
« Hier, après concertation, nous avons suggéré à tous les DSEE et directeurs d’école de restituer l’argent qu’ils détiennent. Les fonds sont actuellement entre les mains des directeurs et des DSEE », a-t-il expliqué.
D’après les chiffres avancés par l’APEAE, un montant total de 34 millions de francs guinéens aurait été perçu auprès des élèves pour la prise de photographies dans le cadre des examens. Sous la pression exercée par l’association, environ 31,3 millions de francs auraient déjà été reversés. Toutefois, les responsables de l’APEAE jugent cette restitution incomplète et exigent que la totalité des montants collectés soit rendue aux familles concernées.
« Cela reste insuffisant, car les élèves ont payé à 100 %. Chaque parent doit récupérer son argent », a insisté le président de l’APEAE préfectorale.
Face à l’ampleur de la polémique, l’APEAE régionale a fixé un ultimatum de trois jours aux responsables concernés afin que tous les remboursements soient effectués. L’organisation prévient qu’en cas de non-respect de cet engagement, elle engagera des poursuites judiciaires contre les personnes impliquées.
« Si l’argent est entièrement restitué, nous éviterons de porter plainte. Dans le cas contraire, nous saisirons la justice pour escroquerie », a averti Alpha Oumar Moromi Diallo.
Pour garantir la transparence du processus, l’association prévoit également de déployer des équipes dans les établissements scolaires afin de vérifier, classe par classe, le nombre exact d’élèves ayant payé ces frais. L’objectif est de s’assurer qu’aucune famille ne soit oubliée lors des remboursements.
Cette affaire prend également une tournure administrative. Selon des indiscrétions provenant de Conakry, le remplacement d’Ibrahima Sory Bah, chargé des examens à la Direction Préfectorale de l’Éducation (DPE) de Labé, aurait déjà été décidé par les autorités compétentes. Son acte de remplacement serait signé et la notification officielle pourrait intervenir dès lundi prochain.
Sur le terrain, la colère des parents reste vive. Beaucoup dénoncent des pratiques abusives dans un contexte économique particulièrement difficile pour les familles. Certains observateurs estiment même que les montants réellement perçus pourraient dépasser les chiffres actuellement communiqués.
En attendant l’issue de cette affaire, la pression continue de monter sur la Direction Préfectorale de l’Éducation de Labé et sur les autorités éducatives locales, appelées à faire toute la lumière sur ce système de prélèvements dénoncé comme illégal par les parents d’élèves et leurs représentants.
Alpha Moussa pour www. Sursautguinee.info














