Cette question qui taraude ! Tendons-nous vers une rentrée scolaire perturbée ? L’inter centrale syndical de l’éducation tape du poing sur la table après l’annonce par le gouvernement, du recrutement de 8000 enseignants au compte de la fonction publique. À l’issue d’une rencontre tenue ce lundi au siège du SLEG, les leaders syndicaux de l’éducation ont tenu à exprimer leur mécontentement par rapport au non-respect par le gouvernement du protocole d’accord signé en janvier de cette année, concernant l’engagement des enseignants contractuels non retenus. Ils exigent du gouvernement le respect des engagements.
C’est un nouveau bras de fer qui s’annonce entre le syndicat de l’éducation et l’Etat guinéen. L’annonce du recrutement d’enseignants à la fonction publique remet sur la table la question des contractuels non retenus qui attendent leur intégration à la fonction publique. Ces leaders syndicaux s’indignent contre ce qu’ils appellent une violation du protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 concernant l’engagement des enseignants contractuels non retenus lors du dernier concours d’accès à la fonction publique.
Le secrétaire général du SNE, Michel Pépé Balamou, a d’abord tenu à clarifier la position de l’Intersyndicale sur le principe d’un concours. « L’Intersyndicale que vous voyez n’est pas opposée à l’organisation d’un concours. Il faut que cela soit très clair. Parce que c’est ce qui se dit actuellement dans la cité : “Les syndicalistes veulent que n’importe qui soit en classe pour enseigner nos enfants, ils s’opposent au concours”. Non ! Ni le SLECG, ni la FSPE, ni le SNE, personne n’est opposé à ce que les meilleurs soient recrutés pour enseigner dans les écoles de la République », a-t-il déclaré avant d’aborder la question financière.
« En fin de septembre, 1 200 000 GNF doivent être ajoutés à la prime de documentation (pour la porter à 1 500 000 GNF), et 200 000 GNF restent au titre des indemnités de logement et de transport. C’est donc 1 400 000 GNF qui doivent être intégrés au salaire de tous les enseignants de Guinée à la fin de ce mois. Sur ce volet financier, le protocole est respecté », a expliqué Michel Pépé Balamou.
Une grève illimitée pourrait être enclenchée par les enseignants si le gouvernement ne respectait pas ses engagements avant la rentrée scolaire prochaine, menacent ces leaders syndicaux.
Elle réclame notamment :
- l’engagement des 4 500 enseignants contractuels communaux ayant obtenu la moyenne ;
- l’engagement des près de 2 000 enseignants contractuels de Conakry ;
- le paiement des 9 mois d’arriérés de salaire des 10 000 enseignants des collectivités ;
- la régularisation des situations administratives, notamment les échelons, indices et reclassements ;
- la régularisation des primes d’incitation, particulièrement en zone rurale ;
- l’amélioration des conditions matérielles et financières dans les établissements scolaires, notamment les écoles délabrées, le manque de latrines, d’eau, de tables-bancs, de matériel didactique et de cahiers.
« Nous n’accepterons aucun principe d’organisation de concours au niveau du Ministère de l’Éducation nationale. L’Intersyndicale reste catégorique et formelle : tant que les points susmentionnés et clairement identifiés dans le protocole d’accord signé le 3 janvier 2026 ne sont pas satisfaits, il n’y aura pas de possibilité d’aboutir à une ouverture apaisée des classes », a conclu Michel Pépé Balamou.
Les regards sont donc tournés vers l’Etat à travers le ministère de la fonction publique. Ces syndicalistes n’entendent pas lâcher prise alors que la rentrée des classes avance à grands pas.
André Millimouno














